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Enfant de Novembre

Enfant de Novembre

Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.


Ronds de fumée (5)

Publié par EnfantdeNovembre sur 5 Août 2011, 03:02am

Catégories : #Ronds de fumée

Rond de fumée, parfaitement maîtrisé et pourtant vacillant.

Timide dans mon nouvel état d’être, tel un jeune Sapiens avançant à tâtons d’un pas fébrile mais résolu à tourner la page, je cohabite dans tous mes états avec un moral de Minotaure. Sapiens et Neandertal ont copulé pendant longtemps, vous savez, aussi longtemps que dure un rond. Au gré des voies sinueuses, de rond en rond, le labyrinthe de ma vie s’étend et s’embourbe au même rythme que j’essaie d’avancer par-delà les dédales.

Rond de fumée longuement astiqué et asticoté, mais qui demeure énigme.

Les aurores se dispersent. À travers le rond planent d’étranges nébuleuses qui me paraissent familières. Des comètes leur tourne autour, en zigzaguant. Des moucherons, sûrement. Je perçois à l’œil nu leur noyau minuscule, leur coma éblouissant, leur queue de poussière si longiligne, leur queue d’ions qui serpente comme un spermatozoïde. Mon corps-ma tête-ma queue-ma vie. J’ai le mal de moi, fanal d’émoi, le rond s’efface face aux masses de mélasse: des nébuleuses mélancoliques.

Rond de fumée, assurément mien.

Des galaxies occises depuis l’infans réapparaissent, un nouvel axe se dessine, droite interminable passant au centre de mon rond. Je retrouve l’acrobate au strabisme, il fait le nuf en bulle. Passant par les nuages, sa parade est une invitation à l’ouvraison. Mais j’ai besoin d’une bulle pour m’envelopper, me protéger du vide et in fine éclater. Éclater de spleen, comme ma dernière bulle de chewing-gum. 

Rond de fumée finement soufflé, mais chu sous l’impact d’un borborygme. 

Pfuitt! Comme un trou noir, ensuite; une angoisse infernale. Un mal anal, un mal banal. Le corps traqueux, le souffle en feu, le fun à sec, je suis un « leak ».  Pfuitt!

Rond de fumée encore et toujours, parce que toujours la force d’un souffle, jusqu’au bout jusqu’à quand?

Parfois mon cœur s’emballe. Je pense tachycardie. Jamais dormir du côté gauche. Il est des volutes fragiles, fébriles, stériles. Pauvre en nuance, tout en défaillance. Déflagration d’un rond. L’air est lourd et l’oxygène n’atteint plus mes poumons. Un peu conscient du côté sombre de ces ronds, de ces ombres qui me guettent, je les titille de ma plume maladroite autant qu’ils me sont incisifs. La fumée m’étouffe, alors j’ouvre les fenêtres; le temps d’une parenthèse dans d’autres matrices. Je souris à la lune. 

Je fais des ronds dans l’eau. 

 

 

Ecrit par T '

février 2011

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