Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Enfant de Novembre

Enfant de Novembre

Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.


Quartier des Dormants - Préambule de Liam

Publié par EnfantdeNovembre sur 28 Mars 2010, 00:13am

Catégories : #Trucs longs

quartier des dormants


« Depuis toujours, je traîne ma vie dans les voies sinueuses et insinuantes de mes perceptions alambiquées. Me fraye des passages secrets, laissant derrière moi des traces de mon automne, des poussières de feuilles mortes. Élabore des labyrinthes intérieurs, qui n’en forment qu’un, à l’image des forêts magistrales que mes pas d’enfant ont souvent parcourues autrefois. Depuis toujours aussi, je porte ce vieux pull troué, déchiré par les ronces des années, par les dédales propres à mon errance, et qu’à présent enfin, j’aspire à retirer. C’est comme d’une seconde peau que je me dévêts, le corps ébloui, exposé à sa nudité. La même qui hante ces nuits où, en cauchemar, je me revois enfant, nu aux yeux de tous.

À force d’errances, et de toutes les choses improbables qu’elles engendrent, j’apprends à savoir me perdre. À laisser par le rêve incuber mes possibles. À saisir parfois la fulgurance d’un instant qui transfigure le temps. À sentir se déchirer une nuée, sentir se fissurer une ombre en d‘interstices éclatants. J’apprends à me faufiler pour atteindre, souvent en vain, des buts illusoires en privilégiant les chemins fleuris aux sentiers de ronces. À faire de chacun de mes gestes tremblotants une danse fracassée mais assez subtile pour que ne se brise pas complètement le verre fêlé qu’est ma vie. Le rafistoler encore et encore, au gré des chutes.

Et voir que de cette fêlure, peut élégamment, en musique, jaillir un dépassement inattendu… l’accord des « ON »… Flottaison des foules… Une rencontre. Puis une autre…

On est fait de mille autres.

J’ai emprunté l’escalier, humé les années, attrapé des souvenirs, qui sont des moutons de poussière. J’ai ouvert la fenêtre, avec vue sur les ruches. Mais le chant des abeilles se rétrécit.

En l’instant, et en réponse, le silence est la seule parole adéquate. Parce qu’il est esquisse. »

Liam





(à suivre...)

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents