Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Enfant de Novembre

Enfant de Novembre

Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.


Le Grand Plume (9)

Publié par EnfantdeNovembre sur 27 Février 2011, 16:37pm

Catégories : #Trucs longs

Sacamot demanda confirmation, avant de se résoudre à appeler la poétesse en question comme gagnante du meilleur Pastiche. Maria, à force de se sentir ignorée, avait fini par sortir sa Nintendo DS qu’elle partagea avec Diane pour l’affronter dans de superbes parties de jeux de mémoire. Quelle ne fut pas sa surprise en entendant son nom, et ce grâce à William. Diane la hâta à rejoindre la scène, tandis qu’à quelques sièges de là, Lamusegirl, toujours en colère de ce silence de Slévich quant à son secret, murmura: « Elle l’emportera pas au paradis, haha! »

 

Maria se mit à remercier son monde pour ce prix décerné à sa poésie, ses poèmes ses défaillances Sacamot lui fit remarquer qu’elle fut désignée pour le Pastiche, ce qui ne lui plut que très peu:

 

- Bien sûr, mais je suis une poétesse, Monsieur, et c’est comme tel que je reçois ce prix qui me comble… pour mes poèmes!, et non pour un vulgaire pastiche écrit un soir de cuite!

 

LamuseGirl applaudit volontiers à la victoire de Maria, tout en se disant que cette victoire était artificielle, comme la sienne d’ailleurs. Mais les frustrations et les déceptions accumulées dans la soirée la mirent à bout de nerfs, et conclut que le meilleur pastiche était le sien. Elle avait bien l’intention de le faire savoir, et attendit la fin des festivités et la rencontre avec les journalistes pour exprimer sa voix.

 

À la sortie de la grande salle, une meute de journaliste attendait les nominés et autres VIP. Tous prirent plus ou moins plaisir à répondre aux questions journaleuses pas vraiment innovantes.

 

Exaspérée par toute cette mascarade, et dans un regain de lucidité, Lamusegirl s’empara du micro d’un journaliste à la sortie du palace, et fit entendre haut et fort sa profonde indignation, comme une sorte de « colère saine », aimait-elle à dire plus tard, et avertit:

http://legrandplume.jimdo.com/

 

- Jamais, vous entendez, jamais je ne me laisserai voler cette victoire! Il y a eu triche, il y a eu fraude, et les loups rôdent! Et je les préviens, tout à fait sereinement, que si rien ne se rétablit dans les prochaines quarante-huit heures -soyons généreux!-, je n’hésiterai pas à faire appel à la Justice!

 

Slévich intervint, tentant de la raisonner, et la pressa de le suivre hors du palace, jusque sur la place où quelque un les attendait.

 

- Comment? Qui nous attend? Et depuis quand?

- Tu vas très vite le savoir…

- Je suis à bout de tes mystères, poète! Je veux en savoir plus, et maintenant!

 

- Philippe m’a fait garder le secret…

- Comment ça Philippe? Philippe qui?

 

Arrivant sur la place, Slévich chercha du regard le Philippe concerné, chercha, chercha en vain. Lamuse était lassée.

 

- Attends, chuchota Slév’.

 

Il s’empara de son portable, téléphona à Philippe Djian. Une jolie voix féminine lui répondit:

« Le numéro que vous avez demandé n’est pas attribué. Veuillez renouveler votre appel ultérieurement. »

 

Soudain blême, le poète ne sut que faire ni que penser. Lamuse exigea des explications, son frère s’en avait pas. Préférant ne pas laisser péter la durite qui s’échauffe dangereusement depuis quelques heures, elle souffla un bon coup, tourna le dos et prit le taxi le plus près, garé un peu à l’écart de l’entrée. Slévich crut devenir fou, se prit la tête, ressentit comme pire qu’une migraine, alors que les Plum’artistes dans leur ensemble, ou presque, s’avançait doucement vers la sortie du domaine des plumes noires, y entraînant dans leur vague collective Slévich qui du coup, les suivit.

 

Apparut soudainement Aziyadé, sortie d’on ne sut où, et qui expliqua à ses amis qu’elle eut profité de la coupure de courant pour s’éclipser elle aussi, et revoir Vernon avec qui elle avait envie de passer un moment. Chacun manifesta sa joie lorsqu’Azi fit venir le poète musicien vers elle. Lamuse, une fois de plus, avait raté son ami en étant partie si vite. Azi remarqua l’absence de Blab’, Eifeilo et Le Fil; chacun ressentit un malaise: où étaient-ils?

 

Ils étaient au sous-sol, toujours, et avaient élaboré un plan pour pouvoir pénétrer le hammam de manière à ce que Kil Ogräm ne les piégeât pas. Blab’ avait décidé de sévir d’appât, Eifeilo d’infiltration, et Le Fil de déliver Azi, qu’ils pensaient toujours séquestrée. Eifeilo donna un coup rude de l’épaule sur la porte afin de pénétrer la pièce. Un reste de fumée les engloba, mais chacun prit place à la position qu’ils avaient déterminé ensemble. Ce ne fut qu’au bout de quelques secondes qu’après un silence, Blab’ décida dangereusement d’allumer sa lampe torche -car évidemment, Blab’ jamais ne se déplaçait sans sa lampe torche! La pièce semblait vide, tout était silence, le hammam était fermé, et Azi n’était pas là. Ni Kil d’ailleurs. Le Fil crut encore à la présence de Kil Ogräm et se livra à une danse exutoire, une sorte de transe corporelle qui la fit prendre la position d‘un taureau en plein dans l‘arène, et lâcha des râles virils à donner à ses deux amis un mal de mâle. Mais rien ne se passait, et l’évidence était là: tout cela n’était qu‘illusion. Tout comme Slévich peu avant, elle se sentit devenir livide. Les deux amis n’osèrent remettre en doute la fiabilité des dires de Fil, mais l’incompréhensible les faisait tiquer. Le Fil crut devenir folle.

 

Ils rejoignirent, dépités, la sortie du palace par une petite porte, et se laissèrent entraîner par la marche silencieuse de tous les Plum’Artistes qui, à mesure qu’ils avançaient sur le Boulevard des Plumes, attirèrent même les absents.

 

Avec tous ces imprévus, c’était le moins que l’on pût dire, tout le monde en était venu à quasiment occulter le grand organisateur lui-même. Chacun se demandait où il était passé. Certains l’avaient aperçu répondre à quelques interviews discrètes, avant qu’il ne regagnât son Home de production. En vérité, Zack Mo était présent, et bien présent: un peu comme perché au-dessus du ciel, au-delà de la vie, installé confortablement dans un fauteuil presque nuageux, il suivait pénard les mésaventures de ses amis grâce à la multitude de micro-caméras de surveillance installés un peu partout de la place au palace, sur ordre de la nouvelle législation sécuritaire en vigueur. Il le savait, le Plum’Art, c’était Big Brother en kit, mais il ne culpabilisait pas non plus de contempler l’œuvre en real-TV tout en dégustant allègrement des pizzas Quatre-Saisons.

 

Il consentit tout de même à montrer le bout de sa truffe, emporté par l’émotion générale, et à rejoindre, jaillissant d'une ruelle, ceux qu’il pouvait sans honte appeler ses « amis. »

 

Tout le Plum’Art avançait paisiblement sur le boulevard, tandis qu’au loin, face à eux, une lueur encore indéterminée scintillait…

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents