Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Enfant de Novembre

Enfant de Novembre

Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.


Le Grand Plume (8)

Publié par EnfantdeNovembre sur 27 Février 2011, 16:36pm

Catégories : #Trucs longs

En début de discours, qui était plus une parenthèse voulue par l’invité, les Plum’artistes purs et durs se sentaient plutôt contents, voire exaltés par cette présence qu’ils prirent stupidement pour acte ultime de reconnaissance à leur endroit. À la fin, au contraire, ils délivrèrent une mine défaite, devenus plumes à rien, dont chaque membre eut son lot de claques lucides envoyées par l’écrivain à l’honneur.

 

Entre-temps, Le Fil Céleste, qui échappa à ce long moment éprouvant, fouilla les moindres recoins du palace, interrogea un peu tout le monde et n’importe qui, dans l’espoir de retrouver une trace d’Azi. Celle-ci n’avait pas son portable, et Le Fil, essoufflée, se posa un temps sur un tabouret étrangement laissé au beau milieu d’un couloir déserté, désertique. Elle réfléchit à la succession d’évènements venus ponctuer la soirée, à ce moment de noir qui stoppa net la fête, au fait qu’elle n’ait rien entendu, aucun bruit louche, aucun son de voix, qui eût pu lui permettre de soupçonner que quelque chose d’aussi grave se passait. Le noir annule tout: l’espace, le son, la vitesse des mouvements; et si la totalité des sens n’est pas puisée, alors c’est le néant, se dit-elle. Lorsque son regard s’arrêta sur une affiche collée sur le mur d’en face:

 

« Hammam au sous-sol »

 

Elle décida de poursuivre sa recherche dans ce sens-là, parvint au sous-sol par d’étroits escaliers toujours très propres, vit l’entrée du Hammam. Personne autour; de nouveau un couloir, d’une blancheur spectrale, éblouissante, aveuglante, inquiétante.

 

Elle y ressentait comme quelque chose de louche, et longea le fil qu’elle déroula à mesure de son instinct, aboutissant à la porte scrutée. Collant l’oreille contre sa surface trop lisse pour être rassurante, elle n’entendit qu’arrières-bruits de radiateurs, tuyauteries et autres petits vents mécaniques. Elle plaça son œil droit devant le trou ovale de la serrure, ne vit qu’obscurité, de l’immobile. Elle persista, jusqu’à ce que survienne tout à coup l’inattendu, l’horrifiant. Un étrange et terrible masque blanc s’interposa entre le vide et l’œil de Fil, procurant à celle-ci une frayeur surréelle. Elle cria, toute de sueurs. Le masque murmura, tel un clown grave, des insanités, des satanités; revendiqua la capture d’Aziyadé, centre obsessionnel de tous ses fantasmes. À bout, essoufflée, elle rebroussa chemin comme un écureuil terrorisé, tout en scandant d’une voix faible et cassée par les souffles, des débuts de phrases comme: « K… Ki… C’est Ki… Kilo… » . Elle monta les escaliers presque à quatre pattes, débusqua un petit recoin situé entre la salle des fêtes et le hall de réception; elle s’y engouffra, tenta d’envoyer un message à Eifeilo, composant au mieux avec ses tremblements. Puis téléphona à Blabaptiste, laissa un message urgent sur son répondeur. Alerté et inquiet par le message, Eifeilo lui répondit quasi-instantanément:

« Dis-moi où tu es, je te rejoins »

Localisant de tête la description de Fil, il se fit la belle discrètement et rejoignit son amie qui, par syllabes éreintées et balbutiements essoufflés, le mit au courant de la gravité de la situation. Ni une ni deux, Eifeilo se mit en mode action. Il était à deux doigts de faire la toupie, telle Wonder Woman se parant de son body de super-héroïne.

Il prit soin avant tout de la sécurité du Fil, lui demandant de rejoindre le public.

Mais elle avait repris du poil de la bête en un claquement de doigt:

 

- Il en est hors de question! Azi est mon amie, et j’irai jusqu’au bout!

- Très bien, unissons nos forces! Mais je crains, hélas, qu’à nous deux, nous ne fassions pas le poids. T’as déjà lu les monologues de Kil Ogräm?

- Sa sombre bal(l)ade? Tu penses! Une succession de poncifs sur l’anti-dieu! Pas de quoi fouetter un moustichopatte!

- On doit se méfier, il a quand même réussi l’exploit de kidnapper notre Azi en silence et en lousedé…

- Bien sûr, mais à bien y réfléchir, il n’est peut-être pas aussi dangereux qu’il le dit… Il se prend pour l’antéchrist, alors qu’il n’est qu’un « antéchild »!

- Je serais quand même rassuré de la présence de quelque un d’autre…

- Blab!

- Oui, Blab’! Allons le voir, vite!

 

Le rejoignant au bar, ils le contraignirent à se séparer de Will, et tous trois se rendirent jusqu’au sous-sol pour tenter de neutraliser Kil, et enfin le mettre KO. La tâche était ardue, leur inquiétude quant à l’état de leur amie prisonnière dépassait toute autre préoccupation, comme celle de savoir qui allait remporter le trophée de la meilleure pièce de théâtre.

Celui-ci allait être décerné par Lolorent au moment où Pixel, le bichon de Waza, s’invita sur scène, devant estimer qu’il était le personnage de la soirée. Lolorent fit preuve publiquement d’un grand amour pour les animaux, et traita Pixel comme s’il lui eût appartenu. Waza, elle, s’enfonçait dans son fauteuil jusqu’à ce que Lolorent demandât à qui appartenait « ce merveilleux bichon ». LBK poussa son amie à se révéler, et en profiter pour visiter la scène. Elle se leva, rougie; Lolorent lui épargna une montée de scène et garda dans ses bras le chien au moment d’ouvrir l’enveloppe.

 

Les nominés cités suscitaient là encore un rude choix:

 

- Hot Dog et Kick Kat, de Slévich
- Une jeunesse exemplaire, de Blabaptiste
- Statut: Disponible, de LamuseGirl
- Par les yeux de Richard, de Picoti
- Et pourquoi pas Noël en Octobre, de Marybé.

 

Ce fut finalement Picoti qui remporta le prix. Profondément surprise, elle oublia la boue séchée qui la recouvrait et galopa jusqu’au pupitre fait totem pour porter enfin ce Grand Plume qu’elle trouvait si beau.

 

- Hem… Je vais essayer de ne pas trop pollutionner le moment… Bonsoir!

 

Après hésitations, elle sortit un petit papier de sa poche.

 

- C't'un gars, comprends-tu ! Y trouve un asti d'grosse lampe débile... vraiment trop hot, style Aladin là tsé, avec des diamants pis toute la patente incrustré d'ssus... tu vois l'genre ? Fa-que y a frotte, pas trop fort pour pas la scratcher tsé, c'quand mème pas un cave le gars là, y fa attention pareil. Fa-que cé ça...

La POUF ! dans un criss de gros nuage bleu y voit un génie apparaître... Aille ! y'en r'venais-tu pas tu penses ? Pentoute, y capotait ben raide !!! Là l'génie y dit : "Hey salut l'gros! Moi ch't'un génie pis j'te donne trois vœux" Le gars y-y dit : "Trois vœux ?" Le génie y y répond : "Ouaouaouais, trois vœux !!!"

Fa-que là l'gras y y dit: "Moé là j'veux awoir full cash, j'veux awoir des pitounes à poels à volonté pis j'veux ête connu full pine around the world tabarnack !!!"

Fa-que cé ça que l'génie y a faite... Y y a toutes donné c'qui voula. Y'éta tu plus heureux qu'avant tu penses le gars ? Mets en ciboire !!! Yé ben en sale à c't'heure. Osti de mardeux !!!

Le public s’amusait follement de cette petite histoire de « La lampe magique », avant que Picoti ne prît un ton moins gai. Elle se lança dans un point de vue politique sur la situation actuelle de son pays, décontenançant par là même le public moins amusé soudainement pour la plupart. Sacamot intervient pour ne pas plomber la soirée une fois pour toutes, et enchaîna direct sur le meilleur Pastiche.

 

C’est Dark Marin qui fut appelé pour remettre le Grand Plume de cette catégorie. Vêtu d’un costume ordinaire et d’un chapeau de cow-boy, il offrit au public une de ses blagues favorites sur son président préféré. Gloussements de quelques uns. Dark lança les nominations:

 

- William nPaï ou empaille pas, de W.nPaï
- J'suis hostile, de LamuseGirl
- Bouts d'racines, de A Lost Child
- Le petit chaperon rouge, de Steven Up
- Il m'faut du pognon, de Maria Ivaldi

Dark lit silencieusement le verdict, avant d’afficher un large sourire:

 

- C’est William nPaï ou empaille pas qui remporte le prix! Bravo!, s’exclama-t-il en levant le poing au ciel.

 

Un peu désabusé, Will, toujours au bar, but une gorgée de bon vin avant d’ériger à son tour le bras, et finalement crier de vive voix à travers la salle:

 

- J’l’offre à Maria Ivaldi!

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents