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Enfant de Novembre

Enfant de Novembre

Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.


Le Grand Plume (2)

Publié par EnfantdeNovembre sur 27 Février 2011, 16:31pm

Catégories : #Trucs longs

Ils étaient en train de partager un apéro bien arrosé dans la chambre d’Eifeilo et de Cally, lorsque Picoti sursauta aux vibrations de son cellulaire.

- Allô?
- Pic… j’… met… pl… al…
- Slévich, Slévich! J’entends rien, il faudrait que tu circules sous un réseau plus radieux!

Lamusegirl échangea avec ses deux amis un regard perplexe, chacun se demandant si la petite ironisait ou croulait déjà sous l’effet du vin blanc.
Elle raccrocha, dépitée. Le groom fit irruption dans la pièce, leur signifiant la venue d’une personne qui les attendait. Ils gagnèrent le hall de l’hôtel avec précipitation, Picoti tituba de la chambre à l’ascenseur, puis de celui-ci jusqu’au hall; Eifeilo dut la soutenir par moments afin qu’ils ne se fissent pas remarquer.

C’était raté: les trois femmes crièrent de joie et de soulagement à la vue de Blabaptiste, qui se tenait mystérieusement devant l’immense porte d’entrée, en contre-jour et dans l’ombre fraîche de l’accueil ventilé. Il fumait un cigare, qu’il aspira une dernière fois avant de le jeter, d’un geste classe, dans le cendrier à sa droite. Son crâne brillait magnifiquement sous les rayons reflétés dans les larges vitres presque vitraux.

- Les amis, vous ne m’y reprendrez plus! Faire 500 bornes pour une volaille, c’est à m’en faire gober tous mes aïeuls.

Laminé par la route, il invita le groupe à dîner.
Ils se réunirent autour d’une table du restaurant de l’hôtel, en attendant l’arrivée des autres. Chacun se sentit mal à l’aise une fois la carte saisie: chaque menu valait son pesant d’or, et un vertige collectif s’empara d’eux, hormis Blabaptiste qui s’engagea pour une double bavette pommes duchesse sauce béarnaise.

- Bah alors les amis, vous prenez rien?

Lamusegirl tenta une réponse:

- Heu… c’est vraiment gentil Blab’ de nous inviter comme ça…
- Oui c’est très délicat de ta part, acquiesça Cally, interrompant momentanément Lamusegirl.
- … et tu sais comme j’aime partager de bons repas avec toi… mais heu… là j’ai pas très faim tu vois… le trac, les votes, tout ça…
- Pas à moi, Lamusegirl! Tu veux pas t’laisser tenter par une côte d’agneau?
- Non vraiment, mais pour te faire plaisir je veux bien prendre une salade verte sans sauce…
- Oui pareil pour moi, décida Picoti.
Eifeilo, quant à lui, était focalisé sur la fondue savoyarde, et fit de l’œil à Cally pour qu’ils s’en partagent une. Blab’ les fit se décider, et commanda à la serveuse à roulettes la double bavette, la fondue « duo » et deux salades vertes. Il fit ajouter à cela un pichet de rouge, de l’eau pour Lamusegirl (qui là était pourtant bien tentée par le vin) et une grenadine pour Picoti.

De nouveau vibra le cellulaire. Picoti put distinguer la voix de Slévich à travers de brefs syllabes captées. Cela ne l’avançait guère. Au dessert, Eifeilo reçut un texto d’Air Nama:

« Ne m’attendez pas à l’hôtel. Je vous rejoindrai directement au Palace avec Hosannam… bisou »

Lamusegirl eut une pensée soudaine pour son filleul, lequel n’avait même pas été nominé. « Un véritable scandale », selon elle. Elle souhaitait intérieurement la présence de Vernon à la cérémonie, et fit ce vœu.

L’organisateur de la soirée apparut, afin de les prévenir que les limousines attendaient devant l’hôtel. Picoti et Cally firent soulever un vent de panique en s’affolant de ne pas avoir encore enfilé leur tenue de soirée. Elles se précipitèrent vers l’ascenseur, et disparurent. Lamusegirl tentai de joindre Tof‘, tandis que les deux hommes digérèrent autour d’un bon billard, donnant l’impression qu’ils étaient plus en club de vacances qu’en représentation publique. Picoti et Cally ressurgirent dans le hall, toutes deux vêtues à l’identique. Elles ne l’avaient pas remarqué dans la précipitation. La situation amusa les autres, et Blab’ les prit en photos. Mais Picoti et Cally restèrent interdites, et se sentirent ridicules en se regardant l’une l’autre parée de dentelles cyan et de frous-frous chiffonnés. L’organisateur les pressa, et tous disparurent dans l’ombre de la limousine. Agréablement arrosé de coupes de champagne, le court trajet les menant au palace leur parut inachevé.

- J’suis pas prête, j’suis pas prête, murmura Picoti.
- Surtout, reste toujours bien droite et détendue, lui conseilla Lamusegirl, qui semblait forte d’expériences requises.
- On peut toujours apparaître avec des plumes dans l’cul, histoire de rigoler, plaisanta Eifeilo.
- Bon allez les amis, encouragea Blab’, on y va; c’est l’heure du grand saut dans la célébrité… on est bon pour « La ferme »!

Ils entendirent les cris du public qui s’impatientait de voir les nominés. Le fan-club de William nPaï était bien distinct et distingué du reste de la foule, et ses membres agitaient des drapeaux indiquant des « LU » colorés. Et au fait, où était-il?

Blabaptiste sortit le premier, et précéda Lamusegirl, laquelle s’était vêtue de sa plus robe noire au décolleté élégant en forme de fer à cheval. Les cheveux lâchés à la Sigourney Weaver complétaient à merveille le crâne dionysiaque de son partenaire. Suivit Eifeilo, lequel se plaça en cavalier protecteur des jeunes Cally et Picoti, jumelles bleues d’un soir. Fier de les tenir chacune à un bras, il fut ébloui par les flashes d’emblée attirés par cette scène improbable de deux schtroumphettes confondantes.

C’est alors qu’arrivèrent Air Nama et Hosannam, toutes en discrétion. Vêtue elles aussi de belles robes élégantes, fendante pour l’une et remontée pour l’autre, elles firent sensation auprès des photographes professionnels, charmés. Rejoignant Blab’ et les autres en plein milieu du tapis rouge, sous le crépitement vertigineux des flashes et des déclics, ils donnèrent à voir au grand jour la solidité et la belle amitié qui les unissait au-delà de la mondanité d’un soir. Ce n’est qu’une fois leur montée des marches terminées, qu’une nouvelle voiture arriva. Les « Thelma, Louise et Chantal » du Plum’Art ne passèrent pas inaperçues et amusèrent le public d’excentricités de circonstance: alors que Marie-Louve s’amusait à faire des révérences successives, LBK agitait son nounours, le bras levé, le brandissant comme un drapeau. Waza, elle, était tout simplement venue avec son chien, Pixel.

À l’intérieur, la salle se remplissait rapidement, et nos amis prirent place, chacun guettant celles que devraient occuper leurs amis toujours pas arrivés. Alors que Sacamot sur la scène présentait ses mille visages pour faire patienter les gens, Lamusegirl s’amusait à repérer tous les pseudos connus depuis le début de son aventure sur Internet. Car beaucoup venant d’époques révolues, sautèrent sur l’occasion en venant s’afficher aux côtés des vrais travailleurs de ce site. Elle reconnut par exemple Hada, et fit un geste du coude à Blab’, comme pour le rappeler à des souvenirs communs.

Il faisait nuit déjà, mais les lumières intenses à l’extérieur donnaient un sentiment d’intemporalité.

Maria Ivaldi fit enfin son apparition.
Elle s’espérait attendue, et avait fait venir son fan-club personnel afin qu’il puisse la soutenir moralement dans cette épreuve. Elle avait très mal vécu la révélation des nominations quelques jours plus tôt, et fut stupéfaite de ne se voir apparaître qu’en catégorie « Pastiches ». Mais elle avait un plan, au cas où…
Vêtue d’une large robe noire à cols et ornements violets mauves, elle se livra aux photographes, munie de deux cornes en plastique solidement ancrées dans sa chevelure gonflée. Elle jouissait de cette ultime provocation destinée à bien faire passer le message à tous ceux qui l’auraient maltraité au pays des plumes noires. Elle pensait particulièrement à Zack, lequel avait décidé de ne voir personne avant le début de la cérémonie. Car en tant que président de celle-ci, il se voulait présentable, charismatique et surtout… corrosif!

Maria, fière de son originalité, sourit pourtant timidement aux photographes, avant de s’élancer, légère, vers les marches du palace. Mais le pire arriva: quelque peu impressionnée par ce monde, et malgré le soutien des siens, elle sentit ses jambes trembler et se prit le pied dans le tapis à la première marche, avant d’effectuer une deuxième chute, puis une troisième.

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