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Enfant de Novembre

Enfant de Novembre

Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.


Le Cordon (7)

Publié par EnfantdeNovembre sur 27 Février 2011, 16:47pm

Catégories : #Trucs longs

IMMORTUS

 

 

Au 213ème étage du Cordon, l’oreille collée à son 3G, l’Inspecteur Macouille s’enorgueillit de mener à bien les objectifs de la hiérarchie:

- Vous vouliez des résultats? Vous les avez! Oui, je sais mais… Non encore que… Oui, bien sûr… Tout à fait… Vous savez le sens que cette mission a pour moi! À votre service, Monsieur!

D’une nervosité soudaine, Macouille interpella ses hommes, qui en troupeau s’approchèrent.

- Plus le temps de farnienter! JE veux du chiffre, vous entendez? Du chiffre et très vite! Alors on s’remue son p’tit cul d’chaudasse et on ramène le gibier!

Le troupeau se dispersa, l’Inspecteur se servit une mixture chimique à base de taurine, consulta ses mails, grilla une clope. L’odeur de cette dernière parvint jusqu’à la cellule jouxtant son bureau, et d’où j’observais, enfermé, les aléas des autorités en mission. Je n’avais pour confort qu’un sommier sans matelas, et l’odeur de l’urine en arôme d‘ambiance. Alors que je m’apprêtais à m’échapper par le rêve, une voix féminine vint prévenir Macouille que sa visite venait d’arriver.

Le Docteur Boursenflure entra en trombe et manifesta d’emblée sa hâte de collaborer avec lui « pour servir leur intérêt général »… Ils échangèrent leurs idées sur la sécurité des visiteurs, et surtout celle de leur empire. Ils se prirent à des élans de dépassement de la hiérarchie, se surprenant à imaginer des stratégies autrement plus pernicieuses encore que celles du chef, pour ne pas dire purement criminelles. Partagèrent un verre de taurine, signèrent des contrats, devisèrent sur les effets bienfaisants qu’aurait l’iboga sur les masses diverties. Fous rires. L’évocation de cette plante africaine me rendit blême, pressentant qu’elle était à l’origine du trou noir qui me conduisit ici et des sensations nauséeuses qui m’envahirent depuis. Je ne connaissais pas précisément les fonctions de ce produit, mais je les imaginais très bien à la tête d’une vaste opération d’asservissement des esprits par usage compulsif de la drogue quelle qu’elle fût. J’imaginais très bien les pauvres esprits shootés à la sentimentaline, se dorer de rose bonbon au cœur de la Machine à Infans, avec l’illusion d’un retour à l’enfance ardemment désiré, le phallus timidement érigé entre les cuisses de la nymphe subliminale et étroitement inatteignable.

À la visite suivante du Dr Boursenflure, j’en appris davantage sur les obscurs projets du clan au pouvoir, fait de politiques sur le retour, d’avocats d’affaires aux dents longues, de banquiers pleins de bonne volonté, et de femmes -accessoirement.

Mais aussi, à mon étonnement, de médecins paraît-il réputés. Boursenflure était très prisé dans les milieux du showbiz, des affaires et, plus étonnant, du tourisme. Macouille fut amené par la suite à le revoir quotidiennement, avant de ne plus apparaître publiquement qu’avec lui -tel était le désir des supérieurs, les conseillers, lesquels avaient en tête le plan précis de leur action pour les années à venir et imaginé sous forme d’une nouvelle attraction made in Cordon Land. Corde aux glandes!

Le pire n’existait donc pas encore! Une nouvelle machinerie était sur le point de voir le jour, sous le nom folklo trouvé entre deux propagandes: Immortus.

De soudaines campagnes de dite « prévention » commençaient à germer ici et là, et une partie des recettes liées au Cordon était directement reversée au fond de réserve pour le projet ambitieux dirigé ave zèle par Macouille et Boursenflure. Une autorisation spéciale permit la pratique de conservation du sang du divin Cordon, et des centres privés se mirent à fleurir comme par magie, afin de répondre aux besoins nouveaux de stockage massif du sang placentaire. Les visiteurs allaient désormais pouvoir faire le choix d’une durée de vie plus conséquente, voire à terme infinie. Tel était le projet d’Immortus: assurer la sacro-sainte immortalité par le simple fait de souscrire à une « épargne Placenta » qui assurerait le moment venu l’aubaine d’échapper à la grande Faucheuse. Et les banques privées ne manquaient pas d’imagination pour pondre des formules en tout genre, et permettant aux clients de leur congeler des échantillons de ce sang miraculeux dans de l’azote liquide.

Le tout pour un modeste prix à taux réduit!

 

 

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