Partager l'article ! C'est beau un automne l'été: Août 2011. La fraîcheur automnale est venue éclipser le soleil convoité de l'été. ...
Août 2011.
La fraîcheur automnale est venue éclipser le soleil convoité de l'été. Les escargots sont en avance, heureux de ce cadeau du ciel. Les murs taggés de leurs empreintes humides laissent deviner leurs humeurs d'apatrides curieusement choyés. Je jouis du luxe éphémère d'un jardin mouillé, d'où j'ai vue sur la mer, et de nuits de hauteur perché sur un lit superposé. Cette fois, bien que sentant le vide sous mon corps, je n'ai pas le vertige. A l'occasion d'ailleurs, je m'interroge sur ma dernière nuit passée sur un lit superposé. Aucun souvenir, sinon celui de ces nuits hautes dans une auberge de jeunesse à Heidelberg, en Allemagne, quand j'avais onze ans; là où, avec les copains, l'on s'infiltrait le soir dans le sous-sol du lieu, une salle psychédélique peuplée de gens étranges pris de convulsions sur un dancefloor.
Je trimballe ma silhouette sur les dunes de sable froid, en puisant de la lumière dans les alvéoles rocheuses où le soleil déchire le reste d'eau de ses éclats. Je dessine des labyrinthes le long de la plage marquée de peu d'empreintes. Je m'imagine aussi léger que la libellule splendide venue caresser l'air marin au-dessus des plaques de roc dévoilées par la marée basse, et j'apprivoise dans son prisme ma frêle allure déplumée. Je sens sur ma peau se déposer l'onde et l'iode, les traits sombres sous mes yeux se colorer par l'arc-en-ciel des vagues. J'ai une peau d'algue sur des os de coquille; mais mes coudes pointus comme des couteaux suffisent à percer la glande thyroïdienne des intrigants tentés de me titiller le démon. Je porte sur une épaule une mouette, et sur l'autre un cormoran. Un corps mourant. L'une me tisse un manteau de plumes, l'autre le détisse. J'observe les chats de mer qui posent sur les rochers brûlants du port. J'enfile à mon majeur une bague en coquillage sans son chapeau, qui a l'allure de moi sans toi: un coeur avec un gros trou au milieu.
Face à l'espace immense, je m'élance à cheval sur deux saisons...
T', le 21/08/2011
Bonjour Tof',
Ta prose poétique à pris en puissance,
C'est réellement magnifique de mélancolie, d'amertume !
Et la chute pareillement, comme une chute d'eau sur l'âme.
Bravo.
Merci à toi; je ne dirai pas amertume, non ;-)
A bientôt.
Si si, la-mer-t'hume, et vaporise ta prose d'écume ;-)
Bises
Un très joli texte avec des images évocatrices pertinentes et puissantes. J'ai beaucoup aimé, sauf peut-être, au niveau stylistique, un petit déséquilibre dû à un grand nombre d'épithètes et de compléments du nom : deux par phrases surtout au début et à la fin : ça fait beaucoup pour un écrit qui tend à la poésie et où on peut s'attendre à un peu plus de légèreté ( - ce n'est que mon avis, hein
). Amitiés,
Un avis qui compte, et qui me pousse à revoir ma copie; parce que tu as bien expliqué ce que je me disais vaguement sans m'atteler à la retouche... Merci de ta remarque ;-)