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Enfant de Novembre

Enfant de Novembre

Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.


Villa Amalia

Publié par EnfantdeNovembre sur 20 Septembre 2009, 16:31pm

Catégories : #TOF' aime...




 La solitude: en jouir ou en périr




Une histoire particulière avec ce titre, "Villa Amalia".


C'est dans une période personnelle assez sombre de l'année 2007 que je découvrais ce roman de Pascal Quignard, "Villa Amalia", à travers un article dans Les Inrocks. J'étais dans un TGV qui m'emmenait à un exil décidé, nécessaire, suite à un entremêlements d'évènements qui me dépassaient, m'abîmaient.
Je fus tout simplement sous le charme non seulement de l'écriture de la critique, mais surtout de l'histoire. Je ne sais pas pourquoi, mais je m'assimilais d'emblée à l' "héroïne", Ann Hiden...



L'article en question s'intitulait "Quignard, paradisiaque", en référence à un de ses précédents romans, "Les Paradisiaques", et présentait le sujet ainsi:

"Comment être soi sans se conformer à l'attente des autres? Pascal Quignard réussit avec "Villa Amalia" un roman de la liberté, sauvage et lumineux. "

Une femme disparaît. C'est en découvrant que son mari la trompe qu'Ann Hidden va procéder à une planification méticuleuse de sa disparition. Détail par détail.

(Je vous recopie certains passages de l'article, introuvable sur internet:)


Une "fuite organisée de sa propre vie", une "disparition de la structure qu'elle s'est construite, c'est-à-dire sociale, familiale, affective. C'est comme s'il suffisait parfois d'un maillon faible dans la trame lisse et parfaitement structurée, peaufinée, de l'existence pour que soit créé un appel d'air, et que s'y engouffre bien davantage et bien mieux que le doute: la perception "vraie", comme détachée, de sa propre vie. (...) Ce qui va suivre , c'est le chemin -de croix ou de joie, chacun peut l'interpréter à sa façon, on est chez Pascal Quignard, soit dans une littérature de la finesse absolue, ne comptez jamais sur lui pour asséner- qui mène jusqu'à soi, jusqu'au coeur de son désir plus que vers le bonheur. (...) Or, le désir, le vrai, l'atteindre, ça va être le pari le plus dur à réaliser: connaître le sien, le reconnaître, l'assumer, et y vivre, ce sera ça le bonheur, selon Quignard, et ce sera le plus difficile car c'est aussi, forcément, ce qui va à l'encontre de ce qu'on s'était fixé, de ce que les autres nous avaient fixé, des règles sociales ou névrotiques qu'on s'était choisies, au risque de "trahir" les autres, au risque, même, de les abandonner.
Nelly Kapriélan



Ce que j'aime chez Ann Hidden ("hidden", qui veut dire "caché" en anglais), c'est qu'elle vit sa solitude comme quelque chose d'étranger justement à la solitude. "Quignard va ériger la figure de l'artiste en allégorie de l'humanité entière". Et ce que j'aime dans ce roman, c'est son approche du détachement, des errances et des désinstallations agrémentées de rencontres forcément, elles, attachantes. Ann Hidden va voyager, avant de s'établir sur l'île d'Ischia, la "Villa Amalia", un lieu ouvert, vaste, au bord de la mer. "Ann est au bord de la vie comme la maison est au bord de l'océan". Elle va aimer des hommes, des femmes, va s'attacher à un enfant également.



Je savais depuis un an que ce roman allait être adapté au cinéma, par Benoît Jacquot, alors même que j'en étais à la moitié du livre. Mais j'étais loin de me douter alors qu'Ann Hiden allait être interprétée par Isabelle Huppert, qui, elle, me subjugue depuis que je suis tout petit! Il ne pouvait y avoir meilleur choix...

La bande-annonce:

http://bibliobs.nouvelobs.com/20090407/11799/isabelle-huppert-en-tete-daffiche

et un avis de Télérama sur le film :

http://www.telerama.fr/cinema/films/villa-amalia,373128,critique.php


Rencontre avec Isabelle Huppert:

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/index-fr.php?page=emission&id_rubrique=632 ,

avec une superbe première partie qui aborde entre autres l'interprétation de la femme à travers le cinéma, et en particulier à travers l'actrice invitée; et une seconde partie avec Claude Lanzmann, réalisateur de "Shoah"...

(et une super fin avec Krystle Warren, au passage)

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