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Enfant de Novembre

Enfant de Novembre

Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.


Le complexe du corps amoureux

Publié par TOF'EnfantdeNovembre sur 24 Octobre 2008, 21:30pm

Catégories : #& autres essais






















Egon Schiele


          
            L'odeur du bois se mêlait à celle de l'assouplissant des draps. Sa chevelure, si fine, si douce, volait aux souffles de mes désirs. Son visage est celui que je recherche encore aujourd'hui. Je peux en croiser tous les jours, ou pas du tout. Lorsque j'ai la chance d'en croiser, c'est l'éternité de mes émois premiers qui s'élève. Une éternité sensuelle, toujours dans l'ombre, enfouie sous les décombres et les trésors de mon coeur. Mais lorsque la mémoire, l'Imprévisible, fait surface, cette éternité rejaillit avec d'autant plus de force que mon amour d'alors renaît subitement. Et mes plus douloureuses mélancolies ressurgissent avec fracas, engloutissant mon coeur sous de profondes réminiscences refoulées. Son odeur...
Comment retrouver son odeur, la sentir de nouveau?
J'ai oublié même celle du bois, même celle des draps.
Je n'ai plus que l'odeur filtrée par l'âme, celle des souvenirs du coeur.

Flashhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

Je pleurais, ce soir-là, comme jamais je n'ai pleuré. En proie aux premiers doutes, à la première apparition de la Grande Incertitude: "Est-ce qu'elle m'aime?"
Amnésique ce soir-là, j'avais six ans, ou sept. Je ne trouvais pas le sommeil. Puis j'ai dû m'endormir, sur mon matelas de solitude, la solitude du corps amoureux.
Amoureux mais seul.
Toutes les fêlures des siècles passés retombaient en lambeaux d'épines sur mon corps amoureux et mon âme en détresse.

Tout ceci ne serait donc que la toile de fond de mes schémas affectifs? On ne se déchire pas d'une racine. Son sourire me hante encore. Mon coeur en vibre encore. Tout souvenir, pourtant, déforme le passé. Je ne veux pas me souvenir. Je veux voir. Je la vois, face à moi. L'espace et le temps ne comptent plus. Les étoiles sont les mêmes, et c'est à elles que je suis relié. Je tisse ma toile d'étoiles, et je danse entre les fils, tour à tour funambule, acrobate, clown maladroit et garçon craintif, paniqué par le vide. J'ai le vertige, oui.
_ Une nuit, j'ai volé. On ne peut pas imaginer l'extrême sensation de légèreté, de liberté, le surpassement de soi par l'envol, l'envol de l'âme, et du corps léger, dont les bras sont les ailes, parfaitement harmonieuses. J'allais atteindre le ciel.
J'allais enfin, en face-à-face, pourchasser dieu, dieu qui recule, dieu qui jusque là me faisait fuir sous ma couverture chaque soir avant le sommeil, dieu-colère, dieu-parano. J'allais en finir aussi avec cette morale culpabilisatrice. J'aurais pu être un démon, peut-être l'étais-je.
Je pouvais surmonter les sentances archaïques, par la force du corps amoureux et de l' "âme" envolée.

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fransua 31/10/2008 15:44

Ce texte est un condensé d'images de toute beauté, je tisse ma toile d'étoiles, je danse entre les fils. Quel vertige très beau pour exprimer une autre douleur !

eva baila 26/10/2008 23:21

AH ! c'est tout à fait bien ! c'est très prenant, c'est très émouvant.
tu sais quoi ? on a l'impression que c'est vraiment vécu...
félicitations, bravissimo.

Cally Méreaux 25/10/2008 22:24

Je suis soufflée!
Je continu sur cette impression que je ne devrais pas être là, comme si j'avais pas la permission.
J'ai le droit hein? :s
Bon, tant que l'interdit reste aussi grisant, je me permet de continuer ma lecture...

EnfantdeNovembre 04/01/2009 16:42


Soufflée au point de t'être envolée? J'espère que le vent ne t'a pas emportée trop loin, et que tu reviendras vite...
A bientôt


stéphanie 24/10/2008 21:53

Magnifique.

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