Bienvenue sur le blog de Tof',
une escale dans sa balade labyrinthique...
Bienvenue sur le blog de Tof',
une escale dans sa balade labyrinthique...
"Et s’il était à cette heure taciturne un œil sans sommeil, ouvert dans quelque fosse du champ de repos, il se fermerait soudain, de peur de voir un spectre dans les étoiles." Aloysius Bertrand
Photomontages: Christophe Tof' M.
Savez-vous qu'il existe quelque lieu ici-bas où s'annoncent encore des aurores à luire?
Ce sont sans exception des espaces d'ombre; car partout où la douce obscurité abrite, bourgeonnent des boutons renaissants. Sous l'abîme des songes, au pied d'une montagne, entre deux lèvres, au creux des fesses. L'ombre confère (avec) l'intime, et l'émotion de nuit va crescendo, s'ouvrant in fine au sensitif, au sensuel, au sensationnel... à l'insensé!
Les caresses de nocturne nous enveloppent, nous envoûtent. Foetus originel à la mémoire s'agrippe, par flash, par réminiscences. Urgence et résurgence. Dénouer le cordon serré autour de l’œsophage. Le temps file, nous effiloche, et l'on regarde l'écume mousser de nuit.
Au chant des moineaux de l'aube, le réveil embrumé, les yeux brouillés, l'exubérance a disparu. Le chant volatile a la mélodie de la mélancolie, de l'absence faite ombre. Le coeur lourd empêche à la verticalité. Un tonnerre gronde, et la tempête intérieure affole mes lacrymales; ironiques: elles résistent…
Je stimule un retour de flux pour me laisser flotter, puis de nouveau écumer de vague en vague, de wagon en wagon, de bond en bond, en vagabond.
Tant d'aurores n'ont pas encore lui...
Il y a des skulls qui poussent un peu partout entre les herbes hautes. Ils guettent patiemment leurs proies butinantes.
Des crânes semblent sortir de la terre, mais l'on sait bien qu'il n'y a dans ce processus rien de naturel. D'ailleurs, rien ne prouve qu'ils ont des racines. Mais rien ne prouve, c'est vrai,
qu'ils n'en ont pas.
Des crânes à racines, mais l'anagramme est tronqué: car ces crânes-là n'ont que les racines nerveuses. Les racines pédantes, pesticilantes!
Par la menace, ils tiennent les quelques fleurs sous leur jouc, les angiospermes, dont les fruits à peine mûrs pourrissent, comme les gymnospermes, nus bien sûrs de leurs ovules.
Butiner, comme dans les dictatures maquillées d'un peu de démocratie apparente, est encore possible, mais à des risques et périls momentanément en jachère, mais infiniment plus coriaces que du
temps où cela était encore permis. Avant l'invasion des crânes.
Butiner toujours innocemment. Mais butiner pour s'affaiblir. Puis butiner pour mourir; mourir avant même toute opérationnalité.
Au coeur des troubles écosystémiques, le power flower a perdu de sa superbe, et regrette en pleurant le bon temps des pollinisations harmonieuses.
Tandis qu'Eistein, horizontalement, désopine du chef, les skulls comme sur commande opèrent, eux, parfaitement, en toute harmonie avec les instructions enregistrées.
Gare aux lobbies!
Les herbes s'affolent, le vent tempête, et c'est par milliards que nous verrons pleuvoir les butinantes empoisonnées.
D'ailleurs, voyez-vous, il pleut déjà quelques gouttes.
Tu bailles grand
Tu t’écartèles la maxillaire
Tu laisses passer le vent
T’as comme besoin d’un courant d’air
Tu bailles béant
Tu bailles grand
Timide tu lèves l’auriculaire
Comme un fœtus confusément
« Puis-je aller déposer mes nerfs? »
Oeufusément…
Attendez, je baille
Je baille comme un chat
Au gré des variations
De ma tension
Entendez qu’je baille
Je baille de mes émois
De l’hypothalamus
En collapsus
Tu bailles grand
Bée, tu laisses pulser ton stress
Tes douleurs pulsatiles
Ça donne des idées versatiles
À ton faciès
Tu bailles grand
Tu fais aller tes céphalées
Tu laisses passer le vent
T’as comme besoin d’un nouvel air
Tu bailles néant
Permettez, je baille
J’ai à le vivre comme il se doit
Un coup d’hypotension
Sans trait’ment d’fond
Regardez, je baille
J’ai la mâchoire qui choit
J’me donne de l’oxygène
Demi-migraine
C'est la fureur du baillement !
Luxation mandibulaire
Émule des muscles masséters
Hypo/hyper:
Ça fait effet yoyo
Mais tant pis, je baille…
Assis au bord du vide,
la main du diable posée sur mon épaule,
sous des allures de bienveillance,
cache un sourire perfide, un rire de ruse.
Je lévite, mais ne l'évite pas.
Le vertige et le grand froid
me sont compagnons de saintes glaces.
Nous recherchons un lieu de vie,
adapté à chacun d'entre nous!
LA SUITE DANS LE RECUEIL
" POEMES DE L'APOSTOF' "
...........................................
Lutins de petite société
dans d'ambigues affinités
se liment les ongles,
se lèchent les bottes.
LIRE LA SUITE DANS LE RECUEIL
" POEMES DE L'APOSTOF' "
À l’ombre d’un tilleul
Je tricote mes virgules
Je concatène…
Je suis comme a comma
Tout n’est pas dit
Je respire juste…
Comme a comma
Je lie, j’incise
Puis décimal, j‘fractionne que dalle!
Je suis comme a comma
Et cætera
(I'm like a comma
Comme un coma)
À l’ombre d’un tilleul
Je tricote mes virgules
Concaves et saines…
Je suis comme a comma
Tout n’est pas dit
Je respire juste…
Comme a comma
Je lis, j’élise
Je suis en off une apostrof’!
Je suis comme a comma
Et cætera
Je légitime mes minuscules
Et mes bas-d’casse
D’une virgule exclamative
Virgule thermolactique
Virgule suave effic…
-Ace et puis j’mets un D virgule
En guise de Z(este) !
Un zest’ de Z
Un geste zen
Un Z, un zeste
Un Z céleste
À bout de souffle je m’offre un point
And I become
A semicolon ;
(I'm like a comma
Commun coma)
« Depuis toujours, je traîne ma vie dans les voies sinueuses et insinuantes de mes perceptions alambiquées. Me fraye des passages secrets, laissant
derrière moi des traces de mon automne, des poussières de feuilles mortes. Élabore des labyrinthes intérieurs, qui n’en forment qu’un, à l’image des forêts magistrales que mes pas d’enfant ont
souvent parcourues autrefois. Depuis toujours aussi, je porte ce vieux pull troué, déchiré par les ronces des années, par les dédales propres à mon errance, et qu’à présent enfin, j’aspire à
retirer. C’est comme d’une seconde peau que je me dévêts, le corps ébloui, exposé à sa nudité. La même qui hante ces nuits où, en cauchemar, je me revois enfant, nu aux yeux de tous.
À force d’errances, et de toutes les choses improbables qu’elles engendrent, j’apprends à savoir me perdre. À laisser par le rêve incuber mes possibles. À saisir parfois la fulgurance d’un
instant qui transfigure le temps. À sentir se déchirer une nuée, sentir se fissurer une ombre en d‘interstices éclatants. J’apprends à me faufiler pour atteindre, souvent en vain, des buts
illusoires en privilégiant les chemins fleuris aux sentiers de ronces. À faire de chacun de mes gestes tremblotants une danse fracassée mais assez subtile pour que ne se brise pas complètement le
verre fêlé qu’est ma vie. Le rafistoler encore et encore, au gré des chutes.
Et voir que de cette fêlure, peut élégamment, en musique, jaillir un dépassement inattendu… l’accord des « ON »… Flottaison des foules… Une rencontre. Puis une autre…
On est fait de mille autres.
J’ai emprunté l’escalier, humé les années, attrapé des souvenirs, qui sont des moutons de poussière. J’ai ouvert la fenêtre, avec vue sur les ruches. Mais le chant des abeilles se rétrécit.
En l’instant, et en réponse, le silence est la seule parole adéquate. Parce qu’il est esquisse. »
Liam
(à suivre...)
Commentaires récents