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La fureur de l'éternuement

Retrouvez le numéro 3 du mag "La fureur de l'éternuement", par Aziyadé et Tof'




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Mag 3

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Samedi 13 décembre 2008






















Y’a pas d’mystère
 S’il faut qu’je vive
 Il faut qu’je m’aime
 Prendre un peu l’air
 Sur d’autres rives
 Loin de moi-même
 Faut qu’je me r’trouve
 Il faut que je m’y retrouve

 Un courant d’air
 Sur mon EGO
 Il faut qu’il éternue!
 Et sans faux airs
 Faut qu’j’reste au chaud
 A flatter mes vertus
 Mais j’crois qu’j’en ai pas
 Il faut que je m’aime comme ça…

 Faut qu’je m’aime
 Faut qu’je m’aime
 Ça peut poser problème
 Mais j’affronte le dilemme
 Faut qu’je m’aime
 Faut qu’je m’aime
 D’abord m’aimer moi-même
 Pour que j’en sème…
 de l’amour!

 Y’a pas d’mystère
 S’il faut qu’je m’aime
 Il faut qu’je vive
 C’est pas l’désert
 Y’en a qui m’aiment
 D’autres qui m’dérivent
 Faut qu’j’prenne du recul
 Faut qu’j’fasse éclater ma bulle…

Paroles et photo: Christophe M.
in "Egographie" - 2004

© 2008 - TOF'EnfantdeNovembre

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Mercredi 3 décembre 2008

Mais que se passe-t-il sous ces paupières d’enfants
 Quels rêves, quels troubles s’affrontent tout dedans
 Comment faire exprimer l’autre quand il se ploie
 Quand il se noie
 Mais surtout,surtout: Comment nous exprimer nous-mêmes face à « ça »?

 Long refus d’un enfant inadapté
 Pour lui, les spirales de ses cahiers
 Sont des menottes qui l’ont enchaîné

 Absence, dis-moi c’est quand qu’elle revient, maman?
 La revoir à l’aube de son automne vieillissant
 Ne jamais plus la voir
 Ne plus jamais la voir

 Long silence d’un ego tourmenté
 Turbulences annoncées, précipitées
 En décadence, en cas de danse … improvisée…

 Dis, que se passe-t-il sous ces paupières d’enfants?
 Quels sons, quels trous, un trauma grandissant
 Comme en cas de doute, demandez l’avis…
 D’mandez la vie
 Et surtout, surtout: d’mandez l’programme, c’est gratuit!
 On vous y annonce que les oies sont d’orties
 Que les crécelles ont les mam’lons drôl’ ment durcis
 Et que les Vierges se sont rendormies
 On vous y annonce même que les chrétiens ont flippé
 Lorsque des crétins ont clamé: « Dieu est mort, dieu s’est fait tuer!! »

 Moi, sous mes paupières encore d’enfant
 Mais plus tout à fait vraiment
 Il y a des étincelles qui brillent par sursauts
 Des fenêtr’ entrouvertes incitant au grand saut
 Sous mes paupières, ce même ton lancinant
 D’un rouge bleu-nuit qui me charme en cillant

 Silence, dis-moi c’est quand qu’j’les revois mes amis?
 A la dure loi du temps lui ont-ils obéie?
 On compte plus les oublis
 Au point qu’on les oublie

 Longue errance d’un moi qu’on terrorise
 Puis qu’on psychanalyse
 On s’offre une danse… qu’on improvise…

 Dis, que se cache-t-il sous ces paupières d’enfants?
 Qu’en restera-t-il quand ils seront grands?
 Comment savoir, au fond on s’enfloue
 Tout est fou!
 Et surtout, surtout: que restera-t-il de nous?

 (On s’en fout!)

 On ne deviendra que des restes d’orties piétinées
 Que des crécelles qui se seront trop fait baiser!
 Juste des cierges éteints, enterrés
 On ne deviendra que ce que l’ « on » aura voulu que l’on devienne
 Et lorsque des crétins bafoueront nos vies, nous répondrons « amen »
 Ou encore « on vous aime »

 Alors surtout, surtout: demandez l’quotidien!
 On vous y annonce que demain
 On déballe le grand cirque pour petits et plus grands
 On annonce la fureur… de l’éternuement…(?)

 On annoncerait même un bouquet final
 Un festival de proses, un concert de dédales
 Des lancers de vers enflammés
 D’épanchements et de chairs consumées


 Si t'es d'humeur guerrière, aventurière
 Avec ou sans far à paupières
 C'est pas l'far-west qu'on te propose
 Allez, vas-y, éternue si tu l'oses
 (autrement dit: saute si tu l'oses, vous l'aurez compris...)

 Alors c’est ça, sous tes paupières à toi? …

 Dis-moi, y’a quoi, toi, sous tes paupières?


>Photomontage: Christophe M.


Texte retenu pour le magasine "La rumeur de l'éternuement"
Editions Le Plum'Art - Décembre 2008

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Samedi 29 novembre 2008

Hélène

 

 Hélène

 Pivot central

 De ma vie sentimentale

 J’ai 7 et 8 ans

 Anamoureusement

 

 Hélène

 Noyau du cœur

 Et tourmente à l’intérieur

 C’est du blood and tear

 Sous mes yeux de martyr

 

 Hélène

 Me revient dans mes rêves

 Sans souffle d’une trêve

 Haleine

 A perdre, à retrouver

 Un sentiment premier

 Hélène

 Ange à faire mon chaos

 Un réveil en sursaut

 Et l’aine

 A caresser la nuit

 Volupté au fond… du puits

 

 Hélène

 A-cérébral

 J’scande un hymne en un scandale

 Je n’ai plus 8 ans

 Souffle d’un autre vent

 

 Hélène

 M’endimancher

 D’un moi capilotracté

 C’est du baume à m’offrir

 Le renouveau d’un sourire

 

 

 

 

Paroles: TOF'EnfantdeNovembre

Edition: Le Plum'ArT - 2008

 

Extrait du magasine "La fureur de l'éternuement"

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Vendredi 28 novembre 2008

Retrouvez le premier numéro de "La fureur de l'éternuement", le magasine du Plum'ArT, collectif d'auteurs qui se retrouvent quotidiennement pour partager leur passion commune: l'écriture.

 

 

 Pour télécharger le magasine, c'est ici:

 

Le Plum'ArT

 

ou

 

Le blog du mag

 

 

 

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Mercredi 12 novembre 2008

"L'amour est extase, mais aussi tourment.

                                                L'amitié, en revanche, a horreur de la souffrance. "

                                                                        Francesco Alberoni, "L'amitié"

L'amitié est-elle une forme d'amour? Comment naît-elle? Pourquoi ne s'ennuie-t-on jamais avec un ami? L'amour et l'amitié peuvent-ils coexister? Un amour défunt peut-il se transformer en amitié? L'amitié peut-elle entraîner la jalousie? Quels sont les ennemis de l'amitié? A-t-elle un avenir dans un monde dominé par les relations d'intérêt?
Exalté par Montaigne, nié par Proust, quelle est la vraie nature de ce sentiment d'attachement réciproque qui ne se fonde ni sur les liens du sang ni sur l'attrait sexuel?



"Un ami est celui qui me rend justice au sens profond et fondamental du terme. "




Parce qu'ils donnent à chacun l'impression de s'adresser intimement à lui, les traités de Francesco Alberoni sont devenus les livres de chevet d'un très nombreux public. Après l'immense succès du "Choc amoureux", le plus clair et le plus brillant des psychosociologues nous dit tout sur l'amitié, pour nous aider à mieux comprendre notre propre vie.

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Mardi 11 novembre 2008

« Un seul être vous manque,

                                        et tout est dépeuplé."

                                                                   Francesco Alberoni, « Le choc amoureux »

http://www.abgraphix.com/gifs/images/feu/artifices/artifices007.gif

"On l'espère, on le subit, on le pleure... On ne l'explique pas. Comment naît l'amour? Pourquoi tombe-t-on amoureux? L'amour est-il une révolution? Peut-on être amoureux de deux personnes à la fois? A ces questions, Francesco Alberoni répond par deux mots: l'amour naissant, 'l'innamoramento" italien. L'étincelle dans la grisaille quotidienne, l'ouverture joyeuse au monde. Le bonheur mêlé d'inquiétude parce qu'on ignore si ce sentiment est partagé. Le moment exquis où tout est encore possible. Un état transitoire qui débouche parfois sur l'amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires..."

"Qu'est-ce que tomber amoureux? C'est l'état naissant d'un mouvement collectif à deux..."


Italien, Francesco Alberoni est né en 1929. Chercheur spécialisé dans l'étude des émotions collectives et des sentiments humains, il enseigne la psycho-sociologie à l'université de Milan. Ses célèbres essais, comme Le choc amoureux (1979), L'érotisme, L'amitié, Le vol nuptial, La morale, ont été traduits dans dix-huit langues. Il collabore également au prestigieux quotidien milanais Il Corriere della Sera.

Il aborde l'état amoureux d'une manière jusqu'alors jamais vue, que ce soit en sociologie, en psychologie, et même dans l'art. Un livre qui, une fois lu, devient indispensable...

A suivre: L'amitié...

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Mercredi 5 novembre 2008














Caspar David Friedrich, Voyageur au-dessus de la mer de nuages, 1818.

« Le besoin nous contraint à un travail dont le produit sert à satisfaire le besoin ; la renaissance perpétuelle des besoins nous accoutume au travail. Mais dans les intervalles où les besoins sont satisfaits et pour ainsi dire endormis, c'est l'ennui qui nous prend.

Qu'est-ce que l'ennui ? L'habitude du travail elle-même, qui se fait maintenant sentir sous forme de besoin nouveau et surajouté ; il sera d'autant plus fort que sera plus forte l'habitude de travailler, qu'aura peut-être été plus forte aussi la souffrance causée par les besoins. Pour échapper à l'ennui, l'homme, ou bien travaille au-delà de ce qu'exigent ses besoins normaux, ou bien il invente le jeu, c'est-à-dire le travail qui n'est plus destiné à satisfaire aucun autre besoin que celui du travail pour lui-même. Celui que le jeu finit par blaser et qui n'a aucune raison de travailler du fait des besoins nouveaux, il arrive que le désir le saisisse d'un troisième état qui serait au jeu ce que planer est à danser, ce que danser est à marcher, un état de félicité tranquille dans le mouvement : c'est la vision que se font artistes et philosophes du bonheur. »

Nietzsche, "Humain, trop humain"

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http://www.webnietzsche.fr/travail.htm

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Dimanche 2 novembre 2008













Cellules souches dans la moelle osseuse.
Crédits : www.rds-online.org.uk



J'ai fait un rêve l'autre nuit...

Ce qu'il y a de fréquent dans les rêves, c'est ce mélange des temps et des espaces qui nous révèlent implicitement des rapports de causalité insoupçonnables jusqu'alors...

Ce qu'il y a de fou également, ce sont ces mots qui s'imposent à nous au réveil, ou plutôt au demi-réveil. Et alors, il faut immédiatement les écrire, sans quoi ils glissent et prennent la fuite, nous laissant à nouveau orphelins d'un début de solution auparavant tant espéré...


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Ma jambe tremblait, sans plus pouvoir avancer, paralysée d une ataxie sans nom et d’une primante déprime, jusqu’à hypertrophie des abeilles de mon cœur et atrophie des grenouilles qui, sauvages, sautaient dans ma jambe.
Je courais en toute innocence dans le quartier de mon enfance, avec mon corps d’aujourd’hui, ma jambe ne résista pas au choc du décalage entre les deux anatomies corporelles simultanées. Confusion des temps. Comme un trac fou avant l’entrée en scène pour une récitation d’un pauvre cours d’histoire face à la prof récalcitrante, mon genou vibrait de toutes les ondes malades, perturbé dans son endurance, et me fit courir les jambes presque collées, paraplégiques. Je m’effondrais à l’entrée d’une salle de restaurant où se tenait un colloque. Humiliation supplémentaire.
Une amie d’aujourdhui se trouvait derrière moi, manifestant avec d’autres pour de nouveaux acquis sociaux. Je l’appela, ne pouvant plus me relever, je me laissais souffler le petit doigt, seul remède selon elle pour que je puisse repartir. En effet, ma jambe redevint légère à mesure que mon amie soufflait sur mon doigt.
Téléporté dans une immense salle remplie d’enfants prenant leur goûter et surveillés par la maîtresse de mes premiers traumas, je fis mon job actuel , avant de redevenir face à l’insultante l’enfant minable que j’étais à ses yeux.
Je m’assis et mangea ma brioche, tandis qu’à la télé Barak Obama citait du Nietzsche.
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Vendredi 31 octobre 2008

Coup de coeur pour un artiste breton alors que j'avais 17 ou 18 ans, au Musée des Beaux-Arts de Quimper...

















Yann Dargent, "Les lavandières de la nuit", 1861



Yann Dargent est l'un des rares peintres léonards de son siècle.

Remarqué par Théophile Gauthier, en 1861, Yann Dargent se lie ensuite d'amitié avec Gustave Doré, qui vient de publier la "Divine Comédie".
Il est fortement marqué par les légendes de son enfance, et son tableau en est l'une des illustrations. Il aborde des thèmes aussi divers que la nature, les contes pour enfants, la vulgarisation scientifique ou encore la vie des saints.
Il meurt le 19 novembre 1899 à Paris et est enterré à Saint Servais. (Novembre me poursuit, et je ne compte plus tous ces artistes, que ce soit dans la peinture, dans la musique ou dans la poésie, qui ont quitté notre monde en plein coeur de ce mois qui m'a fait).

Pour en savoir plus sur l'artiste, voici un lien:

link

"L'histoire posthume de Yann Dargent est un événement sans pareil qui lui valut une notoriété superieure à celle qu'il connut au cours de son existence !
En effet , peu avant sa mort, Yann Dargent, agonisant, exprima deux souhaits :
-être enterré à Saint-Servais, ce qui ne posa aucun problème.
-mais il désira également que sa tête rejoigne les ossements de sa mère et de ses grands-parents dans l'ossuaire, ce qui était une pratique courante à cette époque. Pour cela, les descendants devaient attendre un délai de cinq ans.
Le 8 octobre 1907, Ernest Yann Dargent fait ouvrir le cercueil de l'artiste afin de procéder à la cérémonie en présence de l'abbé Guivarc'h. Mais après huit ans le corps de Yann Dargent est encore intact ! L'abbé est obligé de trancher la tête de l'artiste..." (lire la suite dans le lien ci-dessus).

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Lundi 27 octobre 2008

                                                               Photo: Christophe M.



Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison;
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eut pris pour ses courriers funèbres;
S'ils pouvaient au sevrage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

C.Baudelaire - Les Fleurs du Mal

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Vendredi 24 octobre 2008





















Gustave Doré, "La chute des anges",
illustration pour "Le paradis perdu" de
John Milton (universalis.fr)



          A trop de réflexion qui tourne en boucle pour retarder l'instant où me mouiller deviendra urgent, je futilise mes restes de neurones atrophiés d'un surplus d'érythropoiétine, et j'attends je-ne-sais-quoi. Timidité de ma langue, crucifixion d'un moi abîmé par les accrocs du passé, je mouille pas vraiment comme une fille, sans subtilité, sans grâce, sans goût, sans plaisir. Je ne suis qu'un moi auto-constipant qui s'autorise quelques frasques langagières sur le papier, mais incapable d'exprimer en public une idée cohérente face à mes pairs en grand nombre que je devine cannibales, intransigeants.
Un ami m'avait bien dit de dompter les dragons humanisants, je n'ai fait qu'ingurgiter ma trouille exécrable implosant dans les décombres de mes névroses, que nul ni moi ne peuvent guérir.
Je tourne comme une toupie handicapée, en déséquilibre sur un bout de radeau médusé qu'est mon lit sur lequel je m'anaplose.
J'ai bien entendu cet ami me dire qu'il me fallait surpasser mes paranoïas antisociales, et moi, que n'ai-je fait depuis toutes ces années durant lesquelles je n'ai su saisir les magies et les ondes endiablées qui pourtant me sont si chères. Je vous assure que mes instants les plus magiques ont été ceux où je me permettais jadis les plus exquises folies, sous forme de théâtralités enfantines, à cheval entre la démesure et la retenue. La première ne perdure plus que dans mes espoirs envolés, la seconde m'a englouti du crâne à mes pieds sots que je déteste.
Certaines époques de ma petite vie ont supplanté mes plus obscures terreurs, révélant un humour, une humeur assez rares, je dois le dire. D'autres, depuis, ont provoqué l'abîme inextinguible de mes audaces, momifiant mes joies à présent sous morphine.

Des faits assez étranges, s'étant révélés au-delà du concevable, m'ont fait me perdre malgré moi. Un désordre presque organisé de mon langage oral m'a, pendant plusieurs années, confiné à une certaine petitesse de l'existence, hormis ces plaisirs que je continuais de m'autoriser parce qu'ils m'étaient propres. Plaisirs des corps, plaisirs des sens.
Je m'en veux de n'avoir pas transplanté ma bonté aux aggressivités mesquines d'un petit entourage pernicieux qui, malgré moi, me fit taire et hiverner dans une caverne constituée de trésors du passé auxquels je me raccrochais.
Alors, j'ai fui, en avant la vie, et hop, saisi enfin un semblant d'opportunité, j'ai retrouvé peu à peu la parole qui me manquait -hélas pas celle de l'infans, celle qui détient les vérités premières à jamais inaccessibles.
J'ai retrouvé les coeurs d'alors, de nouveaux visages sont venus me sourire.
Mais l'ombre des années sombres demeure, et c'est sur la fragilité d'un nouvel équilibre déséquilibré que je rumine mes angoisses à présent.
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