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La fureur de l'éternuement

Retrouvez le numéro 3 du mag "La fureur de l'éternuement", par Aziyadé et Tof'




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Mag 3

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Mercredi 7 janvier 2009
Doux songe d'un cliché envolé.
Mon chevalet prend la poussière. La poussière recouvrant au fil du temps mes larmes d'aquarelle.
Mes pauvres doigts tordus, dépourvus d'un pinceau exutoire, cherchent leur épreuve. Ma toile blanche est veuve.
La fibre se craquelle sous l'illusion d'un vernis sage. A force d’inutiles vagues à l’âme agitant mes orages de nerfs, les reflets éclatants de mon bleu qui brille ne sont plus que pauvre gouache, pâteuse et lâche.
Un bleu virant au gris qui suinte sous mes yeux.
Je noie mon chagrin dans une bouteille d'huile de lin.
A l'autre bout de moi, je maroufle un sourire sur les meurtrissures de mon cœur, en tâchant d’ignorer les boueuses merdes de noir que d’aucuns ont ciselées au couteau.
Je ressors le matos, et j'arrange à ma sauce un cliché déchiré, retrouvé par hasard au fin fond d'un égout.
Cliché flou.
Une fois terminé, ce cliché prendra place au coeur de ton musée, trônant sur une cimaise enfin dépoussiérée.






"Tu finiras Saint-Suaire, posé sur une cimaise"
Par EnfantdeNovembre - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : TOF' tape la prose! - Communauté : L'art et la manière
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Mercredi 7 janvier 2009

Merci à Ernesto Gall
Et à une certaine Laety


Qu’est-ce qui m’bousille l’intellect
J’ai la clairvoyance d’un insecte
Cette putain d’jalousie qu’je déteste
Mais quand j’aime, j’y succombe
Pire qu’un pied dans la tombe
Il paraît qu’ c’est la vie…
C’est qu’ j’ai des papillons dans le ventre
Des papillons dans le ventre
C’est Ernesto qui me l’a dit

Qu’est-ce qui m’saccage mes idées
J’ai des tendances à hésiter
J’suis pas pour la fidélité
Mais quand j’aime, j’m’y résous
Certitudes au fond du trou
Il paraît qu’ c’est la vie…
C’est qu’ j’ai des papillons dans le ventre
Des papillons dans le ventre
C’est Ernesto qui me l’a dit

De quelle couleur sont les papillons
J’ai pas vu v’nir les chrysalides
C’est qu’ j’ai tendance à de’vnir con
Lucidité au bord du vide
J’ai l’sentiment un peu abscons
Il paraît qu’ c’est la vie…
Moi j’ai des papillons dans le ventre
Des papillons qui m’éventrent
C’est Ernesto qui me l’a dit

J’ai des papillons dans le ventre
J’sais pas c’que j’ai dans l’cœur
Mais si les papillons m’éventrent
Moi, l’eau de rose m’écoeure
Appel aux papillons:
Laissez couler mon eau de vie
Alors ensemble, nous volerons…
J’ai des papillons dans le cœur
C’est Ernesto qui me l’a dit.


Par EnfantdeNovembre - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : TOF' Poésie
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Samedi 3 janvier 2009
Petit jeu pour Le Fil Céleste...










Leonor Fini, "Sommeil dans un jardin"



A l'ombre de l'aube, en tête à tête avec la sensualité, je me suis mis à rêver.
Le regard inquiétant des enfants justiciers ne devait pas m'effrayer.
Pour m'apaiser, je fais de la balançoire.
Et puis j'ai regardé Ea, qui me fait penser à ma grand-mère. Mamie est spécialiste en basse-couture, elle aussi. Mais rien à faire, je suis comme ça: toujours un peu ce reflet du bout du monde, le reflet inquiétant de mes jours sang.
Une vision rouge. J'outre-songe.
C'est ainsi que j'attends la passagère, si belle la rose au bout des doigts, la lumière dans l'autre main.
Je vois d'ici les soeurs jalouses!
Elles ont une grande curiosité. Euphémisme. Curiosité pour rien.
Certains jours, j'ai dans la tête des rêves d'Asphodel. Des rêves qui changent d'un jour à l'autre.
Du bout de mes métamorphoses équivoques, je sommeille dans un jardin.
Fuir l'angoisse du Sphinx-Squelette, entre les mémoires de fragments passés.
Je suis un passager, un voyageur en repos du dimanche après-midi.
Entre Gorgonne et les Amies.

Ce soir, mon âme est Volens Nolens. Demain, promis, je m'enroule dans mon silence.






           













Leonor Fini, "La passagère"

                                                                                                           Leonor Fini, "Asphodel"

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Jeudi 1 janvier 2009

La Loire agitée, mes cousines et moi avions du mal à maîtriser la barre sur le bateau. On était sur le fleuve au niveau du centre-ville, mais on s'y sentait comme en pleine mer. Les vagues étaient trop fortes, la tempête trop vive, on est tombés. Sous les yeux amusés des gens qui fêtaient la nouvelle année et qui nous regardaient avec moquerie, nous sommes revenus à la nage sur la terre humide de pluie et de champagne.


Autre lieu: une école, des personnes connues dans le passé côtoient celles du présent. Mon portable vibre, j'ai répondu, c'était S. Je n'arrivais pas à y croire. Soudain, elle est apparue entourée d'autres femmes. J'étais tout aussi mélancolique qu'émerveillé. Je l'ai appelée, surpassant mes peurs. Elle m'a souri. Puis plus rien. J'ai pas compris. Je voulais lui dire l'amour. L'amour. Pour oublier, j'ai joué au loup avec les enfants. La femme, S, était déjà loin...


Je me suis ensuite retrouvé dans un foyer inconnu mais avec une famille connue, trop connue. Après une mise au point avec mon père, avec ma mère -des traumas à régler une bonne fois pour toutes- , Arthur m'attendait derrière un mur de la salle à manger. Arthur! Rimbaud, quoi! On est devenus "amis" sur Facebook. Il m'a attiré vers lui, m'a pris la bouche. J'étais fébrile. J'ai jamais fait ça avec un garçon. Puis il m'a proposé d'autres choses. On est sortis pour descendre à la cave. Il était beau. C'est Rimbaud. Mais on n'est jamais arrivé à la cave.
On s'est retrouvés coincés entre ma mère, ma soeur excitée et une enfant déprimée pour un pique-nique dans un parc. Bizarre!

Avant d'y aller, j'ai mis deux aigles et Rimbaud dans mon sac à dos.

Au parc, on a mangé de fades sandwichs. Une plume volettait au vent. J'ai ouvert mon sac, les deux aigles se sont envolés d'un jet, tout droit vers le haut, comme des pics, la liberté toujours plus haut. J'ai oublié Rimbaud, il est resté dans mon sac à dos.
Soudain, des enfants se sont mis à crier en regardant vers le ciel. J'ai levé la tête dans un mouvement de ralenti.
Stupeur!
Une colonie de 15 scorpions géants plombaient le ciel, volaient lentement, alourdis par leur poids. Ils semblaient migrer pour d'autres cieux. Ils ont disparu. Je suis parti.

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Mercredi 31 décembre 2008
Epouser la douleur
De ces instants fanés
N'empêche pas les heures
Que l'on peut décorer
De petites lueurs
Et d'un dernier baiser...

L'air en"sanglot"é
Les yeux écarquillés
Face à mes mains tremblantes
Tout en bas de la pente
Je regarde les égoûts
Avec pour ambition
D'y jeter mon dégoût
Sans nulle autre intention...

J'ai des sourires à vendre
En voulez-vous mon coeur
Que je puisse me déprendre
De l'ombre de vos leurres?


Embrasser cette rouille
De ma crasse carcasse
Qui fait que je m'embrouille
Je ferai ma feignasse
Puisque ton coeur me souille
Et use mes godasses
(Autant que le temps passe)...

L'air d'un errant perdu
Je croise un chien battu
Entre nous, l'évidence
Je lui propose une danse
Pour partager nos peines
D'un manteau de mal-être
Alors que de ses veines
Coule la folie du maître...

J'ai des sourires à vendre
En voulez-vous mon coeur
Que je puisse me rendre
Par-delà mêm' mes peurs?



T_T

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Mardi 30 décembre 2008

Ma vie à l’horizontale
Blottie dans des cendres d’opale
Les mêmes démons qui me traquent
Sous ma surface opaque
Briser la verticale
Crampes au cœur, corps transversal
Couvé par des chants élégiaques
D’autres ont tourné casaque

Ma vie à l’horizontale
Ce soir s’endormira sous les voiles
Le silence alors répondra
Au tien qui lie mes bras
Tomber la verticale
Chaos du cœur aux cervicales
Chu dans mes ténèbres hantées
Je ne veux plus parler

Ô Horizon pâle
Peuplé d’ombres égorgées
Vois comme il s’étale
Et si peu hospitalier
Rien à l’horizon
Le même trou infini
Suant d’une oraison
Dressée tout au bout de ma vie


Ma vie à l’horizon sale
Fragile et sous la diagonale
Les mêmes mots qui se répètent
Chant-d’enfant qui s’entête
Vertige vertical
Sonner l’heure, et clore l’ombilical
Je t’offrirai mon épiTof’
A toi, ma Lune, qui m’encoffres

Ô Horizon pâle
Dédale d’ombres qu’assènent
Les peurs pyramidales
Qui coulent dans mes veines
Rien à l’horizon
Le même vide infini
Parfois troublé d’un son
Celui qui fit naître ma vie.


T_T


Une poésie que je dédie à S...., "lune" de mes soirs de décembre...

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Vendredi 26 décembre 2008

Jamais fuir la douleur
Apprivoiser peurs et terreurs
Il y a comme du plaisir
Dans les minuits de l’âme
Autant que le déplaisir
Le bonheur est une femme
 … Un enivrement…

Je suis ton frère, Bonheur
Dit le très fier Malheur
Je suis sourire au cœur
Comme je suis larme à l’œil
Nous grandirons ensemble
Des semences jusqu’aux cendres 
 'Prendrons de la hauteur
De vertige et de peur

Un sentiment d’existence
A vivre, guerre et paix
Dans de nouvelles danses
En connaître les aspects

Embrasser la douleur
Enlaçant la lueur
Je me nourris des tempêtes
Dans les minuits de l’âme
Autant que des heur’ de fête
Qui élèvent ma flamme
… Un enivrement…

Je suis « Amor fati »
Un grand désir de vie
Je suis lune de nuit
Comme je suis maladie
Nous inventerons ensemble *
Poètes qui se rassemblent
Nous-mêmes notre existence
Et de nouvelles danses

Un sentiment d’infini
A vivre, à ressentir
Loin de ce qui se liquéfie
Et qui pourrait nous faire mourir.

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Mardi 23 décembre 2008

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Mardi 23 décembre 2008
Des propos ambigus
Des sous-entendus
Des silences
Vexations
Des jug’ments qu’on balance
Sur de mauvais tons
Puis un ange passe, une mouche vole

Des sourires incongrus
Autour d’un pot déjà bu
Des sarcasmes
Ironies
Paroles en forme de miasmes
Tout reste incompris
Puis un ange passe, une mouche vole
Un ange passe, une mouche vole

Des conflits détendus
J’ai rien vu, rien entendu
Des sentences
Sur des mépris
De la haine en conséquence
Et des tons aigris
Puis un ange passe, une mouche vole
Un ange passe, une mouche vole

Un ange passe passe, une mouche vole
Une mouche vole, un ange passe...

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Samedi 20 décembre 2008




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Découvrez Björk!
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Mercredi 17 décembre 2008

Je vis en un lieu limité 
Peuplé d'petites infinités
Je bois dans un verre cassé
Au goût d'la crainte de saigner
Je suis comme un peuplier sous la rosée
A me secouer, tu risqu' de t'arroser
De mes larmes
De mes larmes

Je vois en toi une douce possibilité
Pourvue d'impasses à surmonter
J'm'arrête sur un verbe oté
J'me brûle le coeur à m'éloigner
Je suis comme une insouciance perdue dans l'ombre
Perchée au bord du côté sombre
De ton charme
De ton charme

Je bois dans un verre cassé
J'm'arrête sur un verbe oté
Entre mes larmes
Et ton charme
Entre mes larmes
Et ton charme
Entre mes larmes
Et ton charme

 














Photo extraite du site http://cie-echappee-belle.spaces.live.com/

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