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une escale dans sa balade labyrinthique...

Par EnfantdeNovembre
Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 18:21
- Publié dans : Poèmes de l'AposTof'
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by Mystic Child

 

Ce soir je suis bédoin
Majnoun l'amoureux fou
Leila, tu es si loin
Et le réel est flou

Nourris-moi de lumière
Augmente mon désir
-Que ma coupe jamais
De son vin ne soit vide-

Et la nuit je suis fou d'amour
Je te rejoins ma bien-aimée
Je tends des ponts dans mes poèmes
Ainsi soit j'unis nos moitiés

Ce soir je suis bédoin
Majnoun l'amoureux fou
Néant soit mon destin
S'il n'est pas fait d'amour

Nourris-moi de lumière
Augmente mon désir
-Que ma coupe jamais
De son vin ne soit vide-

Et la nuit je suis fou d'amour
De dieu je puis vous révéler
Par-delà l'ombre et l'anathème
'Splendeur de sa féminité!

Ce soir je suis bédoin
Majnoun l'amoureux fou
Je suis en transe et j'oins
Mon corps au coeur cent trous

Nourris-moi de lumière
Augmente mon désir
-Que ma coupe jamais 
De son vin ne soit vide-

Et la nuit je suis fou d'amour
Plus amoureux qu'un amoureux
Oui mais d'orage est fait mon schème
Et mon corps est en feu

-

Ce soir, tu étais moins
La nuit qu'un cri de loup
Ce soir je suis bédoin
Majnoun l'amoureux fou.

 

Extrait du recueil collectif "Sous les candélabres blancs et roses des marronniers en fleurs

& autres nouvelles et poèmes"

paru aux editions LAT 2012 .

recueil LAT


Par EnfantdeNovembre
Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 18:08
- Publié dans : & autres essais
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Camille-des-baionnettes.JPG

 

 

 

Pris d'un besoin urgent de respirer, nous descendions du car pour nous éparpiller tels des pigeons survoltés. Tout au long du trajet, je n'avais cessé de contempler en silence la naturelle sociabilité de Camille. A mon grand dépit mutique, je ne crois pas l'avoir déjà surprise à me regarder; il était évident qu'à  ses yeux j'étais fait d'une absolue transparence, voire d'inexistence.

L'arrivée à Verdun dans la grisaille hivernale fut ponctuée de quelques soucis d'ordre organisationnel, me permettant ainsi d'apprécier plus longuement les spasmes chauds que je m'efforçais de contenir depuis le départ à l'aube dans la cage thoracique de mes angoisses. Mon objectif personnel était de ne surtout pas apparaître aux yeux de Camille de manière aussi inélégante, pour ne pas dire effrayante. Je procédai à un lent et douloureux reflux d'acidité métaphysique qui me brûlait du bide à l'œsophage.

Nous nous dirigions vers un lieu qui restait un mystère, dans une insouciance collective qui ne se mesurait pas à la gravité que semblaient ressentir les adultes. Nous pénétrâmes un espace dénudé où seuls quelques rares chants saccadés d'oiseaux venaient rompre le silence qui d'emblée me sonna. Empruntant une allée bordée de murets austères, nous parvînmes à une petite cour au milieu de laquelle un vieil homme robuste semblait nous attendre. Nous observions à l'unisson les petites croix blanches qui parsemaient le sol poussiéreux comme des herbes rares. Notre hôte se présenta avant de nous faire descendre dans ce qui devait être des tranchées. Le froid saisissant des profondeurs de la terre me donnait l'envie de me réchauffer à d'autres; c'est en vain que je cherchai des yeux celle qui occupait mon esprit.

Après une longue présentation du lieu et de ses fonctions, l'homme nous prépara à un exercice psychologique chargé de nous faire endurer, dans une moindre mesure, les insoutenables réalités passées. Il souleva une énorme plaque de fer nue de tout assemblage, pour la laisser ensuite s'entrechoquer avec le sol qui tremblait sous nos pieds. Assourdis, nous étions censés revivre en temps réel le bruit des bombes...

Nous parcourions en une journée tous les villages anéantis lors de la bataille de Verdun. C'est dans l'un d'eux que je réussis à me réserver quelques minutes de solitude régénérante. Je me recueillais à ma façon dans les confins boisés de cet espace lourd d'histoire. Un instant si bref, comme une parenthèse ouverte suivie d'une apostrophe.

C'est dans la Tranchée des Baïonnettes que je fus soumis, l'espace d'une seconde au plus, au regard lointain de Camille dont au fil des heures semblait s'être ternie à mes yeux sa superbe. Ici où les hommes reposent, dénués de sépulture propre... Une certaine émotion m'avait fait échapper au poids du groupe qui m'englobait, enfouir les odieux tracas de mes viscères sous la monture tout à coup grandiose des Baïonnettes.

A l'Ossuaire de Douaumont, j'attribuais des noms aux soldats non identifiés des trente-six secteurs du champ de bataille, et dont les ossements s'entremêlaient derrière les fenêtres comme des carcasses qu'on entasse. Puis,  tandis que nous longions l'intérieur à pas de mouche, je caressais le granit rose des quelques tombeaux encore humides du passé. Entre les 28deux absides, flanqué d'un vertige face aux spirales de noms inscrits du sol au plafond, je me sentais me figer. J'imaginais cette fois les visages associés à ces noms, dont le mien aurait pu s'y mêler si les circonstances du temps l'avaient permis; je fus égoïstement pris d'effroi en pensant qu'alors j'aurais fini en lettres gravées, que je n'aurais pas connu Camille.

Je m'aperçus tout à coup qu'à ma gauche, elle m'effleurait avec son bras; obéissant à la consigne collective de tous nous tenir par la main, nos doigts s'entremêlèrent et je ressentis un fourmillement d'ondes que j'espérais partagé. La douceur de sa peau me provoquait comme une succession de petites tachycardies, et mon cœur semblait frapper mon corps comme une plaque de fer contre le sol.

 

T', les 21-09-11 et 11-11-11

Extrait du recueil collectif "Sous les candélabres blancs et roses des marronniers en fleurs et autres nouvelles et poèmes"

paru aux éditions LAT

 

recueil-LAT.JPG

 


Par EnfantdeNovembre
Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 17:08
- Publié dans : Poèmes de l'AposTof'
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Nos-cadavres-c-du-caviar--tete-de-tof-.JPG

 

(Petite comptine d'automne/hiver)

 

Nos cadavres, c'est du caviar

Un délicieux agar hagard

Nos cadavres

C'est du caviar...

 

Tof', écrit les 27 nov. & déc.2011

 

____LIRE LA SUITE DANS LE RECUEIL

" POEMES DE L'APOSTOF' "____

Poemes de l AposTof COUV

Retrouvez les précédentes collections comptines automne/hiver de la gamme Tof'Model de Tof':

Tof'Model - Petite comptine d'automne/hiver 2008/2009

Teucrium - Petite comptine d'automne/hiver 2009/2010

A vau l'aube - Petite comptine d'automne/hiver 2010/2011

 

Nos-cadavres-c-du-caviar--tete-de-tof--2-kaleido-bis.JPG


 

 

 


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 21:47
- Publié dans : TOF' Book (LAT)
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kolat

Cliquer sur l'image

Par EnfantdeNovembre
Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 23:05
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lunes.JPG

(source photo: google)

 

La nuit dans le désert, le ciel est d'une profondeur religieuse, profondeur accentuée par la nudité du paysage. Les étoiles semblent y être des milliers de torches allumées pour célébrer la déesse lune, pour rendre plus éclatante sa transparence et plus profond son mystère. Inspirés par ce paysage, les Arabes ont accordé une grande importance à la lune. Ils adoptèrent le calendrier lunaire, et deux des piliers de l'islam, le ramadan et le pèlerinage à La Mecque, sont déterminés par l'astre de la nuit. Bref, la lune devint pour les Arabes le symbole de la perfection, du mystère et de la grâce. Jusqu'au jour où les Américcains y posèrent leurs pieds. Ils montrèrent alors un paysage de désolation. La lune n'est que ravins et poussière. Elle ne recèle aucun mystère, elle ne brille d'aucune beauté. Ce fut un petit pas boiteux pour les Américains et un grand saut dans le vide pour les Arabes! Cette parabole -qui peut servir comme une grille de lecture parmi d'autres des évènements du 11 septembre- peut nous éclairer. D'une part, sur le fait que la modernité, incarnée par les Etats-Unis, bouleverse les valeurs de la majorité des êtres humains en démystifiant et en désacralisant le réel sans pour autant les faire profiter de ses bienfaits, ni donner sens à leurs destins individuels et collectifs. D'autre part, les Arabes doivent prendre conscience qu'ils peuvent rendre sa beauté à la nuit de plénitude, à condition de repenser leur vision du monde. "La beauté n'existe que dans les yeux de celui qui la regarde", disait jadis un de leurs poètes...

 

Said Bailal, 2005


Communauté : Pensées d'ailleurs
Par EnfantdeNovembre
Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 16:53

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(...)

T’, le 20-11-2011

 

PLONGEON-TOF-2.JPG


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 13:56
- Publié dans : Mag2ch'
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deuch-foutraque.JPG

 

Tous les labyrinthes mènent à la Deuch' ! 

Très tôt, j'ai mesuré mon ennui à la grisaille monotone des autoroutes, supporté mes traumas suite aux périples familiaux le long de routes sanglantes parsemées de croix, de bois, de hérissons écrasés sur les bas-côtés. Je rêvais d'autre chose, d'un vaisseau magique muni de deux nageoires qui seraient aussi des ailes; d'un ascenseur pour la Lune... d'une deuch' !

Rouler comme un vagabond, plus en bonds qu'en vagues, sur les chemins cabossés à l'horizon incertain. Apprécier l'air qui souffle sur nos dégaines, et saisir la merveille nichée toute petite entre deux plaines, entre deux peines. 

Plus personne ne veut d'une deuch' aujourd'hui, surtout pas verte. On roule en gros modèle maintenant, avec des papillons collés en autocollants sur l'aile arrière. La perversion jusqu'au bout, la volonté scabreuse de faire passer Titine pour un élément de la nature... Passons, la deuch' n'a nul besoin d'autocollants, les papillons elle les côtoie nuit et jour, et il est inscrit LOVE sur sa plaque d'émasculation. 

Parcourir les champs empreints d'un flow inédit, puis finir un soir de pluie aux abords d'une métropole, enveloppée dans sa bulle de lumière riche en nucléaire, les quatre roues désolées de "cette fausse matière", comme dit Luc Dietrich, l'asphalte, sur laquelle elles se situent. 

Réalisant la domination sans condition du béton, la deuch' ovni à la couleur de l'herbe se met à s'imaginer ce qui pourrait être fait de ce paysage - articuler les architectures urbaines et périurbaines autrement qu'en seule fonction de l'implacable logique routière sous laquelle sont nichés les gros dégueulasses qui en récoltent les deniers.

Le vroum doux et l'allure tranquille, elle parcourt malgré tout la sublime étendue des possibles, éclose d'un arbuste rare protégé par les ombrages et les marais boueux. Elle avance silencieuse, et du pot d'échappement sortent des bulles. Et l'on retrouve là le plaisir enfantin qu'aucune Porsche ou Jaguar ne saurait offrir: éclater les bulles. 

 


Tof ', le 12 /06/11 et 5/07/11

 

Texte inédit pour Mag2ch'

Par EnfantdeNovembre
Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 13:45
- Publié dans : Mag2ch'
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Visuel-La-deuch-est-verte-comme-une-cerise.JPG

 

Moi, quand je serai grand, j'aurai une deuch'. 

 
Elle sera verte comme une cerise. Sur la route endiablée de nos dichotomies, elle déambulera, roulera comme une balle rebondissante. En mouvement toujours mais d'allure zen, elle se conduira en sirotant un cardinal à la crème de cassis. Je lui aménagerai une longue et belle traversée croquée à la main d'écorce d'où dégouline la sève printanière. J'y ferai mettre un toit ouvrant, ou soyons fous: une capote !


Son horizon sera le mien. Je lui ferai emprunter les petites nationales menant aux bourgs reclus de campagne visités lors d'étés de mon enfance, avant de gagner la capitale et le Versailles où je suis né, le Saillvers que j'ai aimé. Je lui ferai connaître le château et les boulevards qui s'y connectent comme les nerfs au plexus solaire. Du Boulevard de la Reine à celui de Paris où je regarderai dans un demi-plaisir le lycée qui me voyait expérimenter les prémisses d'une émancipation juvénile, elle se prendra pour un carrosse, humblement grandiloquente, avant que je ne la fasse pénétrer le parc et ses allées labyrinthiques parfaitement géométriques. Pour l'occasion, mieux que Jeff Koons, j'exposerai ma deuch' à la Galerie des glaces, où je taggerai des LOvE emblématiques en lieu et place des soleils culottés. Je lui parlerai des grandeurs du roi, des fourberies de Colbert, son ministre des finances, et du raffinement relatif de Fouquet.

Puis, sans photo prise, elle s'échappera via la rue des Oliviers, en prenant soin de garder baissés les rétroviseurs...

 

in Mag2ch'

Par LAT
Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 00:46
- Publié dans : Mag2ch'
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MAG2CH-couverture.JPG

Par EnfantdeNovembre
Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 18:11
- Publié dans : TOF' Book (LAT)
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Couv-Petits-contes-de-l-Apostof.JPG

L'apostof',

    cette "virgule libérée de la pesanteur qui la clouait sur la ligne de base". J.P.Lacroux


Communauté : Pensées d'ailleurs
Par EnfantdeNovembre
Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 15:12
- Publié dans : Brèves de Tof'
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 C-est-beau-un-automne-l-ete.JPG

Août 2011.

La fraîcheur automnale est venue éclipser le soleil convoité de l'été. Les escargots sont en avance, heureux de ce cadeau du ciel. Les murs taggés de leurs empreintes humides laissent deviner leurs humeurs d'apatrides curieusement choyés. Je jouis du luxe éphémère d'un jardin mouillé, d'où j'ai vue sur la mer, et de nuits de hauteur perché sur un lit superposé. Cette fois, bien que sentant le vide sous mon corps, je n'ai pas le vertige. A l'occasion d'ailleurs, je m'interroge sur ma dernière nuit passée sur un lit superposé. Aucun souvenir, sinon celui de ces nuits hautes dans une auberge de jeunesse à Heidelberg, en Allemagne, quand j'avais onze ans; là où, avec les copains, l'on s'infiltrait le soir dans le sous-sol du lieu, une salle psychédélique peuplée de gens étranges pris de convulsions sur un dancefloor. 

Je trimballe ma silhouette sur les dunes de sable froid, en puisant de la lumière dans les alvéoles rocheuses où le soleil déchire le reste d'eau de ses éclats. Je dessine des labyrinthes le long de la plage marquée de peu d'empreintes. Je m'imagine aussi léger que la  libellule splendide venue caresser l'air marin au-dessus des plaques de roc dévoilées par la marée basse, et j'apprivoise dans son prisme ma frêle allure déplumée. Je sens sur ma peau se déposer l'onde et l'iode, les traits sombres sous mes yeux se colorer par l'arc-en-ciel des vagues. J'ai une peau d'algue sur des os de coquille; mais mes coudes pointus comme des couteaux suffisent à percer la glande thyroïdienne des intrigants tentés de me titiller le démon. Je porte sur une épaule une mouette, et sur l'autre un cormoran. Un corps mourant. L'une me tisse un manteau de plumes, l'autre le détisse. J'observe les chats de mer qui posent sur les rochers brûlants du port. J'enfile à mon majeur une bague en coquillage sans son chapeau, qui a l'allure de moi sans toi: un coeur avec un gros trou au milieu.

Face à l'espace immense, je m'élance à cheval sur deux saisons...

 

T', le 21/08/2011


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