Bienvenue sur le blog de Tof',

une escale dans sa balade labyrinthique...

Par EnfantdeNovembre
Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 13:01
- Publié dans : Poèmes de l'AposTof'
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A supposer qu'Eros

dans un divin élan

m'encourage et m'engrosse

d'un bel amour fou,

les années par dizaines

ont rétréci le temps

et m'offrent pour étrennes

des souvenirs voyoux.

 

 

Ecrit les 02/02/2011 et 26/03/2011

T.

 

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"POEMES DE L'APOSTOF' "

Poemes de l AposTof COUV


Par EnfantdeNovembre
Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 12:55
- Publié dans : Poèmes de l'AposTof'
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Plexus Lapsus

Mon plexus est ce creux dont les rayons solaires

Expulsent l'acide et les effets secondaires

Qui brûlent mes tempes et agitent mes nerfs

Lapsus: Plexus scolaire

 

Plexus Rictus

Longues phallanges badigeonnant en circulaire

Soleil thoracique et plexus centrifuge

Là où l'angoisse en douce a trouvé refuge

Rictus: Plexus Lunaire

 

Plexus Anus

Les énergies vitales vont de mes paupières

Jusqu'au trou du cul, le nombril un peu fier

Avant de remonter au centre de la sphère

Anus: Plexus en vers

 

Plexus Focus

Le bon point d'équilibre entre deux hémisphères

Sculpter des perles de jade avec mes glaires

Orienter ma verve sur verbe larvaire

Focus: Plexus en terre

 

Plexus Virus

Mon asthénie fait front, l'angoisse persévère

Et à mon dieu-colère, je lui fais la guerre

Et je vous remercie pour ce présent offert

Virus: Plexus Misère

 

Plexus Lapsus

Le plexus est un creux fait de rayons solaires...

 

 

Ecrit le 11/03/2011

T.


Par EnfantdeNovembre
Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 12:52
- Publié dans : Poèmes de l'AposTof'
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*

Mon lit est un radeau qui tangue en bleu marine

Échoué en plein océan de ventoline

Au coeur de ma tempête où il pleut des méduses

En attendant le soleil derrière une écluse.

 

 

Écrit le 07/03/2011

T.

 

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" POEMES DE L'APOSTOF' "

Poemes de l AposTof COUV


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 17:45
- Publié dans : DicoTOF'
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"Un ours grogne quand une branche lui tombe sur la tête mais il se tait sous le poids d’un arbre."
Proverbe polonais.


Grogne : euphémisme compulsif employé dans la sphère médiatico-politique française pour désigner la révolte des magistrats pointés d’un doigt suspect par la plus haute autorité de l’État. Le terme "grogne" possède la fonction avantageuse d’œillère qui, si l’effet escompté n’aboutit pas, sera remplacé par celui de "fronde". Dans les deux cas, le seul souci est d’amoindrir le gros mot "révolte" que l’on réservera pour le sud de la Méditerranée. Lequel tend ici et là à résonner un peu trop fort dans l’ensemble des champs de la vie publique et à suggérer l’émergence de sa progéniture "révolution".

Communauté : Transdisciplinarité
Par EnfantdeNovembre
Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 16:59
- Publié dans : Trucs longs
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Préambule de Liam

 

« Depuis toujours, je traîne ma vie dans les voies sinueuses et insinuantes de mes perceptions alambiquées. Me fraye des passages secrets, laissant derrière moi des traces de mon automne, des poussières de feuilles mortes. Élabore des labyrinthes intérieurs, qui n’en forment qu’un, à l’image des forêts magistrales que mes pas d’enfant ont souvent parcourues autrefois. Depuis toujours aussi, je porte ce vieux pull troué, déchiré par les ronces des années, par les dédales propres à mon errance, et qu’à présent enfin, j’aspire à retirer. C’est comme d’une seconde peau que je me dévêts, le corps ébloui, exposé à sa nudité. La même qui hante ces nuits où, en cauchemar, je me revois enfant, nu aux yeux de tous.

 

À force d’errances, et de toutes les choses improbables qu’elles engendrent, j’apprends à savoir me perdre. À laisser par le rêve incuber mes possibles. À saisir parfois la fulgurance d’un instant qui transfigure le temps. À sentir se déchirer une nuée, sentir se fissurer une ombre en d‘interstices éclatants. J’apprends à me faufiler pour atteindre, souvent en vain, des buts illusoires en privilégiant les chemins fleuris aux sentiers de ronces. À faire de chacun de mes gestes tremblotants une danse fracassée mais assez subtile pour que ne se brise pas complètement le verre fêlé qu’est ma vie. Le rafistoler encore et encore, au gré des chutes.

  

Et voir que de cette fêlure, peut élégamment, en musique, jaillir un dépassement inattendu… l’accord des « ON »… Flottaison des foules… Une rencontre. Puis une autre…

  

On est fait de mille autres.

  

J’ai emprunté l’escalier, humé les années, attrapé des souvenirs, qui sont des moutons de poussière. J’ai ouvert la fenêtre, avec vue sur les ruches. Mais le chant des abeilles se rétrécit.

 

En l’instant, et en réponse, le silence est la seule parole adéquate. Parce qu’il est esquisse. »

 

 

Liam


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 16:52
- Publié dans : Trucs longs
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Je dormis moins longtemps que voulu, lorsqu’on frappa à ma porte. Une belle demoiselle munie d’une casquette de La Poste tenait dans son bras un colis.

 

- Bonjour! Monsieur Colin Malthus?

 

- Oui, c'est moi.

 

La jeune femme me fit signer le bon de réception, me tendit le paquet accompagné d’un sourire à cœur fendre.

L’ensommeillement passé, pressentant ma journée ensoleillée à l’image du visage de passage, je me hâtais à découvrir le contenu en ignorant sciemment l’origine de l’envoi indiquée sur l’enveloppe jointe. Dévoilant le mystère en quelques coups de couteaux maladroitement maîtrisés, je fus saisi d’un étonnement mi-amusé mi-inquiet à la prise de l’objet…

 

« Ampoules Propolis - 3 boîtes de 10 ampoules + 1 boite offerte »

 

 

Un petit mot sur post-it était collé sur l’emballage transparent de la boîte: « En vous souhaitant un bon rétablissement. » Là, j’étais franchement inquiet. Je saisis l’emballage en lui-même, lisant de près le nom du destinataire.

 

 « Gaspard Odinon ».

 

Ça ne me disait rien. J’entrepris quelques recherches sur Internet, tapai sur Google le nom en question. Les liens renvoyés étaient en anglais et en espagnol, ne proposant que des pages contenant le prénom indépendamment du nom, et inversement. Ce mystère me fit tousser, et si l’identité m’était inconnue, tout autant que l’adresse, il me semblait ressentir comme un malaise étrange, une vague impression que ce nom renvoyait à quelque chose de désagréable, sans réussir à savoir quoi précisément.

Décidé à ne pas tergiverser plus longtemps, je sortis de la boîte une ampoule que je diluai à quelques gouttes d’eau un peu trouble. Empoignant le verre, je commençai à tremper mes lèvres lorsqu’une frayeur surgit: et si c’était un piège? Et si quelque un voulait m’empoisonner? Le malaise ressenti allait en s’amplifiant au fil des heures, et la journée ne fut guère réjouissante: mauvaises nouvelles en pagaille, querelles de voisinage, silence radio au rayon émotionnel, bref de la routine en boîte qui me donnait l’impression de me compresser comme un César. À bout de cette accumulation de boules puantes, je revins dans ma chambre en début de soirée, éructant mon stress, expulsant mes spasmes.

Dans l’idée de me détendre dans des ronds de fumée ludiques, j’allumai la radio. Radio Nova diffusait un live d’un groupe de trip-hop pas mal du tout, et je commençai à m’échapper vers d’oniriques lieux d’éden et d’éther. Je perçus la réalité comme un cocon, et j’étais un fœtus. Un fœtus accablé lorsque la sonnerie retentit. Hésitant à me lever pour ouvrir, je lattai les dernières bouffées, écrasai le filtre restant dans le cendrier noir comme mes pieds, soufflai, partit ouvrir. Un jeune homme se tenait debout, face à moi, tout sourire; son aspect angélique d’emblée m’inquiéta.

 

- Ça va? J’te dérange pas? J’suis ton nouveau voisin…

 

Le cœur battant, je me réveillai en sursaut. Réalisant que je venais de sortir d’un mauvais rêve, je fus soulagé. Le vibreur de mon portable me fit sursauter.

 

- Allô?… Ah salut Caline! Non, non, enfin j’viens d’me réveiller… Ouais… J’suis encore remué par un drôle de cauchemar… Figure-toi que je recevais la visite de moi-même, mais avec un autre nom… j’comprenais plus rien!… Bah non, j’sais pas qui c’est, c’était moi, quoi! Mais le plus bizarre, c’est qu’je m’étais envoyé des ampoules de propolis… j’te jure!

 

Tout en discutant avec ma copine, je déambulai dans l’appart, un peu ensommeillé encore. Lorsque face à la table du salon, je trouvai l’emballage d’un colis. N’écoutant plus vraiment la douce voix de Caline au bout du fil, je me précipitai vers la cuisine, n’espérant pas y trouver l’impossible. En vain: quatre boîtes de propolis étaient posées en vrac sur la table.

 

- Caline, j’te rappelle!

 

Je n’arrivai pas à y croire mes yeux. Non, j’étais encore dans mon rêve, c’était un faux réveil. Mais on sonna à la porte, et ceci me confirma que tout était réel. J’espérai la visite d’un ami, qui n’eût pas pu mieux tomber. Mais le visiteur ne me disait rien.

 

- Bonjour, je m’appelle Gaspard Odinon.

 

J’étais laminé.

 

- Ah! J…

- J’m’appelle Gaspard Odinon.

- B... Bonjour...

 

Ma voix tremblait.

 

- J'suis ton nouveau voisin! Ca t'dit d'venir boire un verre pour ma crémaillère?

 

Est-ce qu'il me croyait si naïf au point de venir me jeter dans la gueule du loup? Il s'était infiltré dans mon rêve, avant d'oser me poursuivre jusque dans la réalité, et il imaginait sans doute s'approprier ma vie comme ça, sur une buvette? Mon "non" était catégorique, quitte à paraître pète-sec!

De plus, il y avait quelque chose d'étrange dans sa voix qui achevait de m'inquiéter: on aurait dit qu'il muait à l'envers.


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 16:51
- Publié dans : Trucs longs
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Sans me soucier de mon futur proche ou lointain, sans en imaginer les contours, et ni les délices ni les aléas, je poursuivais ma route avec souffle, au rythme d'un bateau en papier flottant tranquillement sur le ruisseau de mes hasards. Je me laissais surprendre parfois par des vertiges qui me donnaient l'allure d'un petit hélicoptère que les enfants aiment faire tourbillonner du haut d'un arbre. Ces rythmes et ces variations étaient autant de sensations exprimées en FA timides, en LA fébriles, en clos et en clés de solitude. Je jouissais de mes propres trouvailles et pseudo-performances vocales, et j'enchaînais allègrement les subterfuges plus artificiels qu'artistiques et quelque peu masturbatoires.

À mesure que j'avançais dans mes apprentissages, mes découvertes, mes doutes et les ouvertures partielles à de nouveaux horizons, mon goût de la langue allait en s'amplifiant et en se complexifiant. Tous les moyens, même détournés, furent prétextes à de nouvelles expérimentations qui enrichissaient mon approche du langage mais étiolaient ma voix. De cela, je ne m'en suis rendu compte qu'un matin bien plus tard, une fois l’adolescence révolue, à l'occasion d'un réveil difficile de loutre engrossée.

Je mesurais ce matin-là les effets terribles de mes excès d'insouciance. Je goûtais à l'âpre saveur des résidus de goudron et de monoxyde de carbone accumulés au fil des clopes, et plus tard des pétards, grillés dans ma chambre en cachette ou lors des soirs de fête. Je prenais conscience avec malaise de ces étranges grésillements parasitant ma faible voix que j'essayais de réveiller à son tour par des exercices phonétiques entrecoupés de râles. Je tentai de me rassurer en me disant que ma mue n'était pas terminée, et qu‘il me restait peut-être encore bien des concerts à assurer, bien des tournées à faire à travers tout l‘appartement, de la chambre à la salle de bain en passant par le lit parental qui me servait de formidable scène bondissante capable de supporter mes exploits corporels, mon charisme insatiable de bête de scène, d‘ado acnéique.

Mais entendre, même subjectivement, ma voix mi-stone mi-aphone, me fit m'inquiéter de plus belle; un phénomène étrange dépassant le simple enrouement du fumeur inconscient s'était produit, j'en étais persuadé.

Obnubilé dès lors, je m'engouffrais dans cette nouvelle parano incertaine, me faisant ravaler ma langue et mon gosier de manière percutante. Sans perdre de tête ma quête, je décidai de ne finalement pas me lever, et refis la loutre pendant encore une heure ou deux…


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 16:49
- Publié dans : Trucs longs
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Dans mes rêves les plus marquants, j'étais un soprano célèbre et parano, j'étais la sulfureuse diva d'un opéra de la cruauté, invoquant les larmes et l'hystérie par le moindre soupir niché entre deux de mes adagios. J'étais médecin ORL, leader de secte, phoniatre et jumeau de la Castafiore. Toutes les grandes voix humaines perlaient, pelaient en moi. Mon crâne avait greffé dans son cortex un MP3. J'attirais les foules, je les faisais flotter puis les roulais en boule en soufflant comme sur une bulle. Je donnais de la voix en toute sérénité, et que seule ma timidité pouvait altérer, parfois teintée d'un peu de paranoïa et de mégalomanie adolescentes.

Mes réveils au petit matin s'accompagnaient de ritournelles échappées d'une rêverie improbable, et c'est comme ça que j'ai commencé à écrire des poèmes.

Je me souviens de cette voix déjantée qui semblait venir d'un ovni, venu hanter ma nuit et m'offrir cette comptine résonnante que j'ai mémorisée naturellement:

"Elle est la fille d'un brin d'soleil
Elle est la fille du brun soleil..."


J'ai songé à l'enregistrer, et j'ai pensé à Madame Fennec pour la voix. Une voix qui a du vécu, de l'absence, du charme. Une ombre éclatante...

Je maintenais mon oreille attentive aux sons les plus variés, pensant qu'ils enrichissaient ceux que je pouvais moi-même dégager. J'étais sensible aux mélodies intérieures, à une voix, une chanson, un cri, un soupir; je déambulais gaiement dans les strates sulfatées de mon ouïe auxquelles j'associais les faveurs de mes sens restants...


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 16:49
- Publié dans : Trucs longs
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Je crois n'avoir plus jamais rien exprimé d'aussi fort depuis mon premier cri il y a de cela un certain nombre d'années. Les échos de ce cri ont perduré durant à peu près les douze premières années, donnant à ma voix à la fois un élan de vie naturel et un timbre de joie moins évidente. Le cri, ce chant de douleur, s'est à travers ses échos affiné au fil des années, mesuré au rythme des oscillements de la vie, enchanté de narcisses. Pour finalement trouver son point ultime, me disais-je, son plus beau chant, un soir vers mes dix-sept ans.

Mais entre temps, j'avais mué. J'avais la voix propre à m'insupporter, mais plutôt acceptable pour les autres: je parlais peu, et ma timidité repoussait le déclic du gosier jusqu'à ses retranchements. Je me persuadais que je dégageais forcément une émotion quand je chantais, et je ne me cachais pas, j'offrais volontiers des tours de chant au voisinage qui n'avait rien demandé, en m'adonnant à des airs de Metallica ou de Jeanne Mas, selon l'humeur, et jouant les divas dans ma chambre où l'on pouvait m'entendre sans me voir. Je prenais soin de toujours laisser la fenêtre entrouverte, quelle que soit la couleur du ciel, et masquait maniaquement les imperfections de ma voix immature de grand dadet voulu dada, par un niveau de son musical capable de réveiller même Madame Fennec, la voisine âgée du dessous que la télé constamment berçait dans ses endormissements du troisième âge.

Je n'avais pas honte, et à l'image de ma voix que je dorlotais en mangeant du miel, j'orientais mes réflexes esthétiques pour ajuster l'apparence de mon corps. J'avais du mal à me trouver, mais me chercher me stimulait.

Il n'a fallu, d'entre mes chemins de traverse, qu'une voie sous-jacente pour que de l'enjouement ma voix vacille vers l'enrouement...


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 16:47
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IMMORTUS

 

 

Au 213ème étage du Cordon, l’oreille collée à son 3G, l’Inspecteur Macouille s’enorgueillit de mener à bien les objectifs de la hiérarchie:

- Vous vouliez des résultats? Vous les avez! Oui, je sais mais… Non encore que… Oui, bien sûr… Tout à fait… Vous savez le sens que cette mission a pour moi! À votre service, Monsieur!

D’une nervosité soudaine, Macouille interpella ses hommes, qui en troupeau s’approchèrent.

- Plus le temps de farnienter! JE veux du chiffre, vous entendez? Du chiffre et très vite! Alors on s’remue son p’tit cul d’chaudasse et on ramène le gibier!

Le troupeau se dispersa, l’Inspecteur se servit une mixture chimique à base de taurine, consulta ses mails, grilla une clope. L’odeur de cette dernière parvint jusqu’à la cellule jouxtant son bureau, et d’où j’observais, enfermé, les aléas des autorités en mission. Je n’avais pour confort qu’un sommier sans matelas, et l’odeur de l’urine en arôme d‘ambiance. Alors que je m’apprêtais à m’échapper par le rêve, une voix féminine vint prévenir Macouille que sa visite venait d’arriver.

Le Docteur Boursenflure entra en trombe et manifesta d’emblée sa hâte de collaborer avec lui « pour servir leur intérêt général »… Ils échangèrent leurs idées sur la sécurité des visiteurs, et surtout celle de leur empire. Ils se prirent à des élans de dépassement de la hiérarchie, se surprenant à imaginer des stratégies autrement plus pernicieuses encore que celles du chef, pour ne pas dire purement criminelles. Partagèrent un verre de taurine, signèrent des contrats, devisèrent sur les effets bienfaisants qu’aurait l’iboga sur les masses diverties. Fous rires. L’évocation de cette plante africaine me rendit blême, pressentant qu’elle était à l’origine du trou noir qui me conduisit ici et des sensations nauséeuses qui m’envahirent depuis. Je ne connaissais pas précisément les fonctions de ce produit, mais je les imaginais très bien à la tête d’une vaste opération d’asservissement des esprits par usage compulsif de la drogue quelle qu’elle fût. J’imaginais très bien les pauvres esprits shootés à la sentimentaline, se dorer de rose bonbon au cœur de la Machine à Infans, avec l’illusion d’un retour à l’enfance ardemment désiré, le phallus timidement érigé entre les cuisses de la nymphe subliminale et étroitement inatteignable.

À la visite suivante du Dr Boursenflure, j’en appris davantage sur les obscurs projets du clan au pouvoir, fait de politiques sur le retour, d’avocats d’affaires aux dents longues, de banquiers pleins de bonne volonté, et de femmes -accessoirement.

Mais aussi, à mon étonnement, de médecins paraît-il réputés. Boursenflure était très prisé dans les milieux du showbiz, des affaires et, plus étonnant, du tourisme. Macouille fut amené par la suite à le revoir quotidiennement, avant de ne plus apparaître publiquement qu’avec lui -tel était le désir des supérieurs, les conseillers, lesquels avaient en tête le plan précis de leur action pour les années à venir et imaginé sous forme d’une nouvelle attraction made in Cordon Land. Corde aux glandes!

Le pire n’existait donc pas encore! Une nouvelle machinerie était sur le point de voir le jour, sous le nom folklo trouvé entre deux propagandes: Immortus.

De soudaines campagnes de dite « prévention » commençaient à germer ici et là, et une partie des recettes liées au Cordon était directement reversée au fond de réserve pour le projet ambitieux dirigé ave zèle par Macouille et Boursenflure. Une autorisation spéciale permit la pratique de conservation du sang du divin Cordon, et des centres privés se mirent à fleurir comme par magie, afin de répondre aux besoins nouveaux de stockage massif du sang placentaire. Les visiteurs allaient désormais pouvoir faire le choix d’une durée de vie plus conséquente, voire à terme infinie. Tel était le projet d’Immortus: assurer la sacro-sainte immortalité par le simple fait de souscrire à une « épargne Placenta » qui assurerait le moment venu l’aubaine d’échapper à la grande Faucheuse. Et les banques privées ne manquaient pas d’imagination pour pondre des formules en tout genre, et permettant aux clients de leur congeler des échantillons de ce sang miraculeux dans de l’azote liquide.

Le tout pour un modeste prix à taux réduit!

 

 


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 16:46
- Publié dans : Trucs longs
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MACHINE A INFANS

 

 

En vérité, j’appris plus tard que cet espace de supposé minigolf était l’un des atouts-phare des partisans de l’ordre construit autour du Cordon. Un passant qui eut la délicatesse de me ramener « sur terre » suite aux bouleversements hormonaux causés par mon voyage-éclair amoureux, me signifia le danger que représentait actuellement cet agglomérat de confréries fanatiques organisées autour du Machin.

- Ce malheureux cordon commence d’être compressé par les agitations frénétiques de la Bourse. La Bourse est le nouveau dieu, vous savez! Moi je suis athée, pire: atterré. Piraté, et sans intérêt! Cela n’empêche que les habitués des grands complexes y ont vu là le moyen de faire fructifier tout ça, en s’imaginant que des branches à fric allaient pousser sur toute la hauteur du cordon. D’où les ascenseurs hideux et les loisirs encartés. Et ce voyage que vous venez de faire, là, avec votre belle blonde, n’est rien d’autre que le summum de leur perversité. Il y a toute une propagande qui harcèle le pays en ce moment, à propos de cette attraction. Ils ont appelé ça la « Machine à Infans ». Ils ne savent rien de l’infans, mais en s’appropriant les études sérieuses faites à ce sujet en psychologie et en médecine, en y alliant les dernières technologies de pointe et le carcan dogmatique de circonstance, leur infâme inventivité nous a trouvé le moyen de nous rendre notre pré-enfance pour un laps de temps infime. Ils ont théorisé leur trouvaille par la voix d’un porte-parole de secte, et des affiches par milliers dans nos rues viennent ni vu ni connu légitimer la perversité à son apogée. Et sous prétexte de nous faire retrouver notre infans, ils nous rendent aphasiques. Ainsi, ils peuvent poursuivre leur colonisation des esprits tout en continuant de s’engraisser tranquillement. On nous infantilise, on veut lier nos langues, casser notre force enfantine, réformer notre infans, nous empêcher d’affiner nos symbolisations. Bref nous pourrir.

Bien qu’une partie de moi ressentait presque intrinsèquement ce qu’elle venait d’entendre, je signifiai à mon interlocuteur un peu de ma perplexité, à laquelle il répondit, enflammé:

 

- Tu sais, l’ami, ce Cordon, s’il est une anomalie, peut n’en être pas moins un cadeau de la vie! Je ne sais pas si tu réalises tout ce que peut vouloir dire ce cordon venu nous pénétrer… Je sens cela comme un signe, vois-tu, je sens cela comme une conséquence non élucidée, une réponse à la façon humaine d’envisager la vie, et de s’envisager dans la vie. Il est venu déchirer le globe qui nous englobe, mais sans ajouter naturellement de nocives perturbations éventuelles au désastre climatique déjà existant. Il a fallu une fois de plus la mainmise de l’homme-canon pour que s’opère une gigantesque catastrophe censée émerveiller l’homme au prix de lui-même. Ce cordon, j’en suis persuadé, est une véritable merveille au départ, aurait dû l’être; la merveille authentique. Là où toute forme de vie était possible, ses moments sublimes, quelques fois ses abîmes, s’est étendue en fait une marée noire néo-capitaliste qu’une mince poignée de canailles pullulantes s’est chargée de répandre à l’infini. Et en échange du bonheur assuré, qui ne vient jamais et est toujours remis à plus tard au prétexte de graves crises secouant les marchés-dieux, on vous fait accepter la relation verticale pseudo-oligarchique nécessaire à la perduration du pouvoir en place. On vous offre le mirage du bonheur inatteignable, en échange de quoi vous serez agréablement priés de vous soumettre corps et esprit au monde merveilleux conçu par nos soins! Les pluies de métal n’en finissent plus de tomber, l’ami, et personne n’a pensé à inventer des parapluies-boucliers. Mais de même que la vie l’emporte toujours sur la mort, la liberté l’emporte toujours sur le despotisme…

 

Me voyant acquiescer à ses dires, « l’ami » s’engagea dans un long plaidoyer de divers résistants d’ici et là jadis pris pour des assassins. Aspirant le haschich contenu dans son fin cigarillo, il se retourna très soudainement, et le dos à moi, entreprit d’escalader le petit préfabriqué à l’ombre duquel nous nous étions isolés sans nous en rendre compte pour échanger. Parvenu au toit, il imita la statue du port de Saint-Nazaire, les bras battants en guise d’ailes. Puis proclama, comme venant prendre quelque bastille:

-

 

 

Décontenancé, j’eus à peine le temps d’essuyer d’un mouchoir en tissu les filets de sueurs perlant mon front, que l’ami s’était volatilisé.

Quoi? L’autre lui-même ne serait en ce monde qu’un mirage?

Comme si tant de mystères ne suffisaient à la berlue me chatouillant, je sentis dans mon dos une main me claquer.

- Vous êtes en état d’arrestation!

 


Tof' 2.0

      

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