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La fureur de l'éternuement

Retrouvez le numéro 3 du mag "La fureur de l'éternuement", par Aziyadé et Tof'




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Mag 3

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Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.

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Mercredi 21 octobre 2009
De cet homme, j'ai cherché, de longues années d'enfance durant, une sorte de "troisième oeil" que je pensais enfouie sous de solides amas de résistance tenace aux émotions. C'est en vain que j'ai cherché la petite lueur éclatante fixée à la pupille, celle qui n'apparaît dans aucun des deux autres yeux. J'imaginais que ses sourires tour à tour désolés et vitreux, obliques et odieux, étaient des réactions à d'agréables souvenirs d'enfance. Que la nuit, endormi aux côtés de sa très pudique femme, il rêvait à des situations amusantes ou à de jolies blondes en bikini. Le temps me révèlera par la suite que de mes délires enfantins, le dernier était le plus probable.

Marcellin, ancien militaire de renom, propriétaire d'une succession de décorations pour ses actes patriotiques lors d'évènements tels que la guerre d'Algérie, était à la retraite depuis quelques années, qu'il vivait tièdement dans un petit trois pièces de -ça ne s'invente pas!- Saint Cyr l'Ecole, à deux pas de l'école militaire. Un changement de vie radical, j'imagine, pour cet homme de "Nation" très actif qui, du fait de ses "missions", était amené à voyager et à déménager souvent, parfois à un rythme vertigineux, contraignant sa petite famille à vivre ainsi, sans véritable point d'attache pour les trois enfants, sans possibilité pour eux de développer une amitié, le temps manquant, et sans havre de paix rêvé par sa femme, mère au foyer. Là où un extraordinaire voyage de la vie et dans la vie était possible si celle-ci l'avait permise, il n'y a eu qu'une mortifère liturgie promise aux léthargies des songes, à l'atonie des sens.

Très imprégné de son "métier", Marcellin avait intériorisé les valeurs militaires acquises dans le milieu, au point de les reproduire en-dehors. Il reproduisait en famille le comportement requis dans son milieu professionnel. Il faisait preuve à l'égard de ses enfants, et même de sa femme, d'une autorité brute et dure. De l'autoritarisme, en fait. Ainsi, sans marquer aucune distinction (mais se targuant d'en posséder, des distinctions!), il passait, quasi-robotisé, du champ professionnel au champ familial dans le même état d'esprit, celui de l'ordre, de la discipline, de la consigne et du répressif. Il pouvait ordonner à l'un de ses enfants une multitude de tâches et de corvées, comme récurer le sol de la cuisine à quatre pattes et à l'éponge, régulièrement, pendant un après-midi entier en période de vacances. De la même façon qu'il commandait ses soufifres. Plus soldat que citoyen, son état d'esprit m'était totalement étranger, à moi, l'enfant alors entièrement tourné vers la vie.

A ce sujet-là, se sont opérés, non seulement une révélation, ou plutôt un révélateur, mais surtout la prise de conscience de ce révélateur, la démonstration presque organique de ce décalage qui m'éloignait tant de Marcellin. A travers cette situation vécue un après-midi pluvieux d'hiver. Une de ces journées qui peuvent vous faire passer de l'énergie et du désir, à une morne déception, une violente claque qui fait éclabousser les facettes les plus sombres de l'homme, une grosse masse noire venant plomber l'atmosphère qui se voulait légère et joyeuse, dans une humeur propre à l'enfant que j'étais.
Cet après-midi-là, en compagnie de ma soeur un peu plus jeune et de Marcellin, une balade vers le parc du coin s'annonçait aventureuse. Marcellin avait oublié le chemin, et nous menant par de multiples détours, nous éloignait finalement de l'appartement. Nous étions perdus, sous la pluie de plus en plus virulente. En vérité, ces détours, ces courbes, nous furent des plus savoureuses, à ma soeur et à moi, qui, en tant qu'enfants, jubilions de ce sentiment de vie et de ville en forme de labyrinthe. Aboutissant sur l'extase suprême, le piment qui relève le tout: se mettre à faire de l'auto-stop. Au bout d'une vingtaine peut-être, une voiture s'arrêta, Marcellin monta précipitamment à l'arrière, suivi de nous. Une musique orientale me faisait m'évader, lorsque Marcellin, pris sans doute d'un malaise existentiel, que sais-je, se mit à nous faire des gestes dans le dos des deux hôtes, qui étaient des Chinois. Marcellin s'amusait à se boucher le nez pour nous signifier une prétendue odeur, nous faisant la grimace qui voulait dire "c'est sale".
Au retour de cette balade, alors que je m'étais imprégné de l'atmosphère dans la voiture, avec nos deux guides, Marcellin contait à sa femme, laquelle remuait un plumeau, l'insupportable situation dans laquelle il s'était retrouvée, "pris au piège par des chintoks". L'appartement m'était un poids, les murs semblaient se resserrer autour de moi. Chaque objet devenait un cafard, chaque miroir, en grand nombre dans cet appartement-musée, avait un cafard en reflet. Ces miroirs angoissants, disposés dans chaque pièce et chaque couloir de telle sorte que Marcellin pût garder les yeux sur ce qui se faisait dans une autre pièce quelle qu’elle soit, par un jeu subtil de reflets invisibles mais circulant à travers nos angoisses. Un effrayant labyrinthe de glaces, que j’aurais pu aimer dans un autre environnement, et dont je ne pris conscience que bien plus tard. Et à tout cela s’ajoutait un lourd canticum continu émanant des aiguilles des horloges aussi nombreuses que les miroirs, et suspendues au-dessus de chaque porte, comme pour nous empêcher d’oublier un seul instant, les fracas du temps.

D'avoir très tôt ressenti l'existence d'un monde d'hommes dans lequel je me sentais oppressé, m'a appris à savoir, dans mes indécisions, ce que je ne voulais pas. Mon aversion, peut-être à tort, pour les militaires, pour leur monde et pour toute forme d'autorité gonflée de ce que je reconnais comme de l'arrogance, s'explique par ce qu'a pu engranger sur au moins deux générations, le comportement odieux, dur, très dur -à un point tel que cela a dépassé mes pires inquiétudes d'adolescent sur son histoire et celle de ses enfants-, de Marcellin, cet homme qui se saoulait au sirop de menthe et au Valium, et que je n'ai jamais pu appeler "papi".

Ni elle, « mamie» .

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Mercredi 14 octobre 2009

Aucune raison de le nier: à l'évidence, tu es timide.

Cet état de fait, cet état d'être, ne provoque chez toi aucune complexité; tu ne culpabilises pas d'être timide. Il peut t'arriver, néanmoins, de t'en vouloir, de t'engueuler -tu n'engueules que toi, d'ailleurs-, lorsque tu t'imagines être quelqu'un d'autre, ou plus précisément lorsque tu t'attribues une imaginaire qualité qui se situe aux antipodes de la timidité, comme l'excentricité par exemple, ou l'insouciance extrême.

Mais ta timidité ne te heurte pas, dans la mesure où tu es chaque fois sensible à celle de l'autre. Elle ne te pose pas de problème particulier, hormis peut-être cette crainte de la voir dégénérer et muer en phobie sociale, comme une larve sereine muerait en éponge pétrifiée. La frontière est parfois mince, et il est possible d'en constater les révélateurs, voire les prémisses, à l'occasion de situations particulières, de contextes impressionnants.

Par ailleurs, tu ne supportes ta timidité, qui n'est en l'occurrence pas un fardeau, que par une "qualité" qui la nuance: le goût d'en rire. Le timide, lucide de sa timidité et disposé à en rire, comprend que sous cet aspect-là des choses, la culpabilité due à l'absence d'excentricité ou même de charisme peut s'envoler en fumée.

Et se déclenche, au moment des orages, un éclair que surpasse l'écho d'un rire particulier: le rire du timide.

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Dimanche 4 octobre 2009

 

 

 

 

CIEL DE BRUMES, COULEURS DE PLUIE
Le spleen des orages plutoniens
Ecrit par ToF' & Maria Ivaldi


Ciel de brumes, couleurs de pluie,
Un parfum d'illusions plane
Tamisez l'or en cent bougies
Je souffle l'or dessus ta flamme

Lune qu'allume ce que je suis
Un destin froissé dans le crâne
Ombragez l'or de mille nuits
Je rêve encore aux éclats d'âme

Cottage éclair, lueurs diffuses
Des gouttes bleues sur les feuillages
Je berce tes larmes confuses
Sulfurez l'or de nos orages

Dune diurne, un peu intruse
Car l'océan est marécage
Je souffle si fort pour qu'infuse
Mon morne automne au fil des pages

Lune qu'allume l'âme étrangère
Un destin gris sur la falaise
Irradiez l'or sur les paupières
Je rêve encore de nos malaises

Poser mes doutes sur l'étagère
Et ma vie entre parenthèses
Couché entre pierres et poussières
L'âme trônant sur la cimaise

Minuit meurt sur mon coeur éventré
Cottage obscur, landes fugaces
Lanternes éteintes à l'entrée
Irriguez l'or en rage lasse .


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Jeudi 1 octobre 2009

Par Aziyadé et Tof’EnfantdeNovembre


Pastiche de « Je m’appelle Jane » duo Mickey3D Jane Birkin

 


- Dis Azi, c'est quoi cette manie d'aimer qu'tu as et qui te rend si sympathique?
- C’est l’accent arabique
- Dis Azi, qu'est-ce que tu vas faire à Sidi Ifni si c'est pour être aussi mélancolique?
- C’est l’appel du muezzin
- Dis Azi, c'est quand que tu vas le terminer ce fameux Puzzle?
- Jamais c’est l’encre de ma mine
- Dis Azi, c'est quoi c'bel avatar si flou où on voit même pas ta gueule?
- C’est pour faire ma maligne

J'm'appelle Azi et je t'emmerde
Toi tu ne t'appelles pas Loti
Tu t'appelles Tof', j't'emmerde
Moi je ne suis pas d'novembre

- Dis Azi, pourquoi es-tu si douce et si attentionnée avec les p'tits enfants?
- C’est que j’aime leur musique
- Dis Azi, pourquoi as-tu tell'ment besoin de cet univers échappé?
- C’est parce que c’est mon île
- Dis Azi, pourquoi ton nouvel atlas est-il si sentimental?
- C’est le fruit d’une idylle
- Dis Azi, pourquoi toi t'as besoin d'une clope pour ravaler tes larmes?
- Essaye tu verras c’est facile

J'm'appelle Azi et je t'emmerde
Toi tu ne t'appelles pas Loti
Tu t'appelles Tof', j't'emmerde
Moi je ne suis pas d'novembre

J'm'appelle Azi et je t'emmerde
Toi tu ne t'appelles pas Loti
Tu t'appelles Tof', j't'emmerde
Moi je ne suis pas d'novembre .


La vidéo de la chanson originale:


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Samedi 26 septembre 2009

Découvrez l'album de Cally Méreaux, largement orienté MAO (Musique assistée par ordinateur)...
Cally y a inclus la première version sonore de "L'Oeuf".


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Lundi 21 septembre 2009

 

Sans tergiverser une larme
Je préserve mes prises de position
D'un masque qui, moi-même, me désarme
Et auquel nul ne répond.

À certaines heures, je me recentre
Mis hors du monde, jugé reclus
Mais tout ermite siège au centre
Et je m'efface, profitant d'un reflux.

J'erre entre les failles d'une enfance inachevée
J'attends que la pluie se remette à tomber
Car cest comme ça que je vis:
Automnément

Malgré l'aube oppressée
Mes solitudes, insultées
« Toi, pauvre traînée! 
Ta raison dêtre est surannée! »

 Je sculpte une oeuvre: mon Quotidien
Autour de ce besoin dêtre un
Mais dont l'absence d'une étreinte
Fait choir l'oeuvre sur les plinthes

 ...Dont l'absence dune étreinte
D'emblée rend mon oeuvre défunte...

Je m'engloutis au fond d'mes thébaïdes
Et me replie, foetus ou chrysalide
Car cest comme ça que je vis:
Automnément

***
Lire le poème en entier ici:

Automnément



J'ai l'oeil-automne...

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Dimanche 20 septembre 2009



 La solitude: en jouir ou en périr




Une histoire particulière avec ce titre, "Villa Amalia".


C'est dans une période personnelle assez sombre de l'année 2007 que je découvrais ce roman de Pascal Quignard, "Villa Amalia", à travers un article dans Les Inrocks. J'étais dans un TGV qui m'emmenait à un exil décidé, nécessaire, suite à un entremêlements d'évènements qui me dépassaient, m'abîmaient.
Je fus tout simplement sous le charme non seulement de l'écriture de la critique, mais surtout de l'histoire. Je ne sais pas pourquoi, mais je m'assimilais d'emblée à l' "héroïne", Ann Hiden...



L'article en question s'intitulait "Quignard, paradisiaque", en référence à un de ses précédents romans, "Les Paradisiaques", et présentait le sujet ainsi:

"Comment être soi sans se conformer à l'attente des autres? Pascal Quignard réussit avec "Villa Amalia" un roman de la liberté, sauvage et lumineux. "

Une femme disparaît. C'est en découvrant que son mari la trompe qu'Ann Hidden va procéder à une planification méticuleuse de sa disparition. Détail par détail.

(Je vous recopie certains passages de l'article, introuvable sur internet:)


Une "fuite organisée de sa propre vie", une "disparition de la structure qu'elle s'est construite, c'est-à-dire sociale, familiale, affective. C'est comme s'il suffisait parfois d'un maillon faible dans la trame lisse et parfaitement structurée, peaufinée, de l'existence pour que soit créé un appel d'air, et que s'y engouffre bien davantage et bien mieux que le doute: la perception "vraie", comme détachée, de sa propre vie. (...) Ce qui va suivre , c'est le chemin -de croix ou de joie, chacun peut l'interpréter à sa façon, on est chez Pascal Quignard, soit dans une littérature de la finesse absolue, ne comptez jamais sur lui pour asséner- qui mène jusqu'à soi, jusqu'au coeur de son désir plus que vers le bonheur. (...) Or, le désir, le vrai, l'atteindre, ça va être le pari le plus dur à réaliser: connaître le sien, le reconnaître, l'assumer, et y vivre, ce sera ça le bonheur, selon Quignard, et ce sera le plus difficile car c'est aussi, forcément, ce qui va à l'encontre de ce qu'on s'était fixé, de ce que les autres nous avaient fixé, des règles sociales ou névrotiques qu'on s'était choisies, au risque de "trahir" les autres, au risque, même, de les abandonner.
Nelly Kapriélan



Ce que j'aime chez Ann Hidden ("hidden", qui veut dire "caché" en anglais), c'est qu'elle vit sa solitude comme quelque chose d'étranger justement à la solitude. "Quignard va ériger la figure de l'artiste en allégorie de l'humanité entière". Et ce que j'aime dans ce roman, c'est son approche du détachement, des errances et des désinstallations agrémentées de rencontres forcément, elles, attachantes. Ann Hidden va voyager, avant de s'établir sur l'île d'Ischia, la "Villa Amalia", un lieu ouvert, vaste, au bord de la mer. "Ann est au bord de la vie comme la maison est au bord de l'océan". Elle va aimer des hommes, des femmes, va s'attacher à un enfant également.



Je savais depuis un an que ce roman allait être adapté au cinéma, par Benoît Jacquot, alors même que j'en étais à la moitié du livre. Mais j'étais loin de me douter alors qu'Ann Hiden allait être interprétée par Isabelle Huppert, qui, elle, me subjugue depuis que je suis tout petit! Il ne pouvait y avoir meilleur choix...

La bande-annonce:

http://bibliobs.nouvelobs.com/20090407/11799/isabelle-huppert-en-tete-daffiche

et un avis de Télérama sur le film :

http://www.telerama.fr/cinema/films/villa-amalia,373128,critique.php


Rencontre avec Isabelle Huppert:

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/index-fr.php?page=emission&id_rubrique=632 ,

avec une superbe première partie qui aborde entre autres l'interprétation de la femme à travers le cinéma, et en particulier à travers l'actrice invitée; et une seconde partie avec Claude Lanzmann, réalisateur de "Shoah"...

(et une super fin avec Krystle Warren, au passage)
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Vendredi 18 septembre 2009

Certains de mes textes l'attendaient avec un espoir tenace, l'un d'eux aura eu raison, et les autres sont amenés à ne pas se décourager.
L'heureux Oeuf qui, un beau jour d'hiver, sortit de son tiroir-poule pour aller déambuler sur la place publique, recueillit certaines faveurs qui lui paraissaient bien étranges. Puis le temps ne lle recouvRe que de peu de poussières, une âme "bienveillante" (terme que je n'emploie que rarement et avec parcimonie) venant, en son temps, chaque fois l'astiquer un peu au plum...eau.

Aujourd'hui, L'Oeuf se met à danser, vibrer, et mue en Oeuf musical... Il se sent pousser des ailes, la coquille déploie son yin et son yang...
Cally Mereaux ose le Mix, bat le blanc et le jaune, et voici ce que ça donne:

L'Oeuf , CallyMereaux'sMix , 2009

Une seconde version est envisagée, tout dépend des cordes vocales du p'tit coq de novembre qui a pondu cet Oeuf un soir d'automne très... volaille volatile ;)


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Mercredi 16 septembre 2009
Blotti dans un creux
Je bats la mesure…


Sois féline
Pas fouine!

Sois sur le fil constant de l’élégance,
même dans l’indécence.

Se faire déshabiller du regard, et laisser faire le hasard…

Sois colchique
Pas tique!

(À trop fausser les pistes,
à placer des entraves…
Tu meurs et je dépiste
les maux des cadavres.)

Sois sensuelle
Pas d’ celle…

… qui ne savent pas comment souffler sur la flamme
sans l’éteindre…

Ivre, humer ce souffle suggestif,
placé à l’autre bout de la table,
là où sont placés les timides, les discrets sulfureux…


Blotti dans un creux
Je bats la mesure…


Sois féline
Pas fouine!

Sois sur le bord fragile de l’insolence,
c’est comme ça qu’un chat danse.

Se contempler l’iris, et faire pencher la matrice…

Sois magique
Pas geak!

(À trop boucher les trous,
à pratiquer l’autruche…
Un trop-plein de dégoût
déborde des ruches.)

Sois volute
Sois lutte…

… sois celle qui, parmi les femmes,
sache m'enfreindre…

Mon tube digestif,
macabre, m‘acquiert et m‘accable
de borborygmes à en faire jouir un pieux.

Et mon cœur révolutionne,
comme à l’aube de mon premier automne.


Novembre prochain, quelconque heure de la nuit, état indifférent de la Lune…
Me souvenir alors de ce creux dans lequel ma vie s’est déposée, et qui sans cesse, nécessite qu’on l’alimente. Et qui, parfois tenté par un peu de plein, échoue dans un autre creux, aussi creux que lui, celui du rien.
Deux creux deux mesures. Un creux est un poids, ma vie est un galet qu’une main, un beau jour, finira par jeter au loin dans la mer.

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Mardi 15 septembre 2009

A l'occasion de cet improbable labyrinthe qui se dessine dans ma tête, et qui n'en finit pas d'éveiller ma propre curiosité, je tenais, sans m'en gargariser, à faire partager ces petites intentions qui me sont parvenues, ces ressentis suite à leur visite au LabyrinToF'.
J'en profite pour remercier les vagabonds venus errer jusqu'à l' Espace commentaire du labyrinthe, et dont j'ai lu avec attention et plaisir les réactions;)

*** Tout droit sorti de l'Oeuf de mon amie Cally Méreaux, ce que j'ai d'emblée appelé "l'atome phasmique" vient se calquer sur mon "Petit phasme", un de mes "Petits Contes de l'AposToF' " (dont certains ne sont toujours pas publiés à ce jour, afin de préserver le projet qui mûrit intérieurement...)
Merci à Cally pour cette illustration vraiment... atomique!


Cally Méreaux http://www.callymereaux.com


____________________


*** Touché également par ce poème en forme de sonnet (dont je n'ai pas vérifié s'il s'est bien doté d'alexandrins en bonne et dûe forme, parce que pour le coup, peu m'importe;), de Lénaig, dite LBK, laquelle apparemment n'entre jamais dans le LabyrinToF' sans son chien... Et quid du canard exquis, si cher à notre ami Blabaptiste? Merci à LBK pour ce clin d'oeil:


Au Labyrinthe, Tof' ...


Mais cela fait longtemps que je n’ai pas osé,
Ni pensé, ni commis poème périssable ...
Chassé l’alexandrin, la rime insaisissable !
Mon cerveau qui vieillit s’est-il ankilosé ?


Je ne prétendrai pas faire du romantisme.
J’apprécie pourtant l’esprit des grands auteurs,
Me plonger avec eux dans gouffres et hauteurs.
Ma tasse de thé c’est donner dans l’optimisme.


Tenterai-je un sonnet, juste pour m’amuser ?
Parler de papillons, phasmes et coccinelles ?
Comptines pour enfants, joyeuses ritournelles ?


Je viens de lire ailleurs, sans mentir, sans ruser :
Au Labyrinthe, Tof’, où j’étais invitée,
J’ai vu rêve et beauté, la laideur évitée.

LBK


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Vendredi 11 septembre 2009

By A Lost Child


Je saisis la solitude qui s'immisce pour revenir sur les empreintes
que d'autres ont laissées dans mon coeur.
Je laisse déborder un trop plein d'ocytocine,
portée comme de la lingerie fine.
L'hypophyse gonflée d'émotions,
mon hypothalamus est un hippopotame.
Ce matin, mon coeur est lourd, peuplé des joyaux de l'autre entre lesquels se dessinent les chemins de traverse.
"C'est terrible, la mélancolie."
Un bout de soie blanche volette, accrochée sur la pointe de mon désir.
Désirer, déchiré.
Ce qui est passé dure encore... la seule arme sans doute à mon âme en déroute.
Du souvenir de mes primo-sentiments à l' "obsidienne" de mon sensible, j'ai parcouru les monts et les méandres les plus excessifs dans mes affects.
Un éloignement me tord le ventre, un attachement me renvoie à tort ou à raison au sentiment d'abandon propre à l'homme. L’attachement, c’est déjà un peu l’arrachement.
Considérer les choses autrement est une urgence. Car les flots d'ocytocine pourraient finir par déborder par lacrymales. Et les larmes d’ocytocine me brûleraient les yeux et les joues. Alors, défiguré, mon sac à dos en carapace, j’irai là où l’on ne me voit pas…
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