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Bienvenue sur le blog de Tof',

une escale dans sa balade labyrinthique...

Par EnfantdeNovembre
Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 12:13
- Publié dans : TOF' la pastiche!
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Un caillou dans la crique, la jolie rengaine

C'est presque mécanique

Un caillou dans la crique ricoche et glousse

C'est un grain dans mon esprit

 

Un gouffre comme contour de mon plastigel

De mon caillou qui saigne et nie la ritournelle

Attendez que je réalise:

On s'est quittés sur une méprise

Une méprise, méprise, éprise...

 

Un caillou dans la crique, la jolie rengaine

C'est presque mécanique

Un caillou au cas où qui glousse, ricoche

Sur la surface de ma vie

 

Je suis le scorpion sur la cardamome

Je traîne des pieds sales sur les rhizomes

Et mon astre est ce caillou qui glousse

Aussi acide qu'un pamplemousse

Je suis fou, c'est indicible

Je résiste à mes disciples

 

Je suis fou, c'est indicible

Je résiste à mes disciples

 

Mon caillou, caillot de surmoi

Un ça dans l'ensemble

Zou les verrous !!

Mon caillou, youyou de combat

A l'assaut des gnous et du vexatoire.


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 15:23
- Publié dans : TOF' Book (LAT)
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Recueil collectif sur LAT :

recueil LAT


Communauté : Transdisciplinarité
Par EnfantdeNovembre
Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 18:21
- Publié dans : TOF' Poésie
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by Mystic Child

 

Ce soir je suis bédoin
Majnoun l'amoureux fou
Leila, tu es si loin
Et le réel est flou

Nourris-moi de lumière
Augmente mon désir
-Que ma coupe jamais
De son vin ne soit vide-

Et la nuit je suis fou d'amour
Je te rejoins ma bien-aimée
Je tends des ponts dans mes poèmes
Ainsi soit j'unis nos moitiés

Ce soir je suis bédoin
Majnoun l'amoureux fou
Néant soit mon destin
S'il n'est pas fait d'amour

Nourris-moi de lumière
Augmente mon désir
-Que ma coupe jamais
De son vin ne soit vide-

Et la nuit je suis fou d'amour
De dieu je puis vous révéler
Par-delà l'ombre et l'anathème
'Splendeur de sa féminité!

Ce soir je suis bédoin
Majnoun l'amoureux fou
Je suis en transe et j'oins
Mon corps au coeur cent trous

Nourris-moi de lumière
Augmente mon désir
-Que ma coupe jamais 
De son vin ne soit vide-

Et la nuit je suis fou d'amour
Plus amoureux qu'un amoureux
Oui mais d'orage est fait mon schème
Et mon corps est en feu

-

Ce soir, tu étais moins
La nuit qu'un cri de loup
Ce soir je suis bédoin
Majnoun l'amoureux fou.

 

Extrait du recueil collectif "Sous les candélabres blancs et roses des marronniers en fleurs

& autres nouvelles et poèmes"

paru aux editions LAT 2012 .

recueil LAT


Par EnfantdeNovembre
Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 18:08
- Publié dans : Essais
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Camille-des-baionnettes.JPG

 

 

 

Pris d'un besoin urgent de respirer, nous descendions du car pour nous éparpiller tels des pigeons survoltés. Tout au long du trajet, je n'avais cessé de contempler en silence la naturelle sociabilité de Camille. A mon grand dépit mutique, je ne crois pas l'avoir déjà surprise à me regarder; il était évident qu'à  ses yeux j'étais fait d'une absolue transparence, voire d'inexistence.

L'arrivée à Verdun dans la grisaille hivernale fut ponctuée de quelques soucis d'ordre organisationnel, me permettant ainsi d'apprécier plus longuement les spasmes chauds que je m'efforçais de contenir depuis le départ à l'aube dans la cage thoracique de mes angoisses. Mon objectif personnel était de ne surtout pas apparaître aux yeux de Camille de manière aussi inélégante, pour ne pas dire effrayante. Je procédai à un lent et douloureux reflux d'acidité métaphysique qui me brûlait du bide à l'œsophage.

Nous nous dirigions vers un lieu qui restait un mystère, dans une insouciance collective qui ne se mesurait pas à la gravité que semblaient ressentir les adultes. Nous pénétrâmes un espace dénudé où seuls quelques rares chants saccadés d'oiseaux venaient rompre le silence qui d'emblée me sonna. Empruntant une allée bordée de murets austères, nous parvînmes à une petite cour au milieu de laquelle un vieil homme robuste semblait nous attendre. Nous observions à l'unisson les petites croix blanches qui parsemaient le sol poussiéreux comme des herbes rares. Notre hôte se présenta avant de nous faire descendre dans ce qui devait être des tranchées. Le froid saisissant des profondeurs de la terre me donnait l'envie de me réchauffer à d'autres; c'est en vain que je cherchai des yeux celle qui occupait mon esprit.

Après une longue présentation du lieu et de ses fonctions, l'homme nous prépara à un exercice psychologique chargé de nous faire endurer, dans une moindre mesure, les insoutenables réalités passées. Il souleva une énorme plaque de fer nue de tout assemblage, pour la laisser ensuite s'entrechoquer avec le sol qui tremblait sous nos pieds. Assourdis, nous étions censés revivre en temps réel le bruit des bombes...

Nous parcourions en une journée tous les villages anéantis lors de la bataille de Verdun. C'est dans l'un d'eux que je réussis à me réserver quelques minutes de solitude régénérante. Je me recueillais à ma façon dans les confins boisés de cet espace lourd d'histoire. Un instant si bref, comme une parenthèse ouverte suivie d'une apostrophe.

C'est dans la Tranchée des Baïonnettes que je fus soumis, l'espace d'une seconde au plus, au regard lointain de Camille dont au fil des heures semblait s'être ternie à mes yeux sa superbe. Ici où les hommes reposent, dénués de sépulture propre... Une certaine émotion m'avait fait échapper au poids du groupe qui m'englobait, enfouir les odieux tracas de mes viscères sous la monture tout à coup grandiose des Baïonnettes.

A l'Ossuaire de Douaumont, j'attribuais des noms aux soldats non identifiés des trente-six secteurs du champ de bataille, et dont les ossements s'entremêlaient derrière les fenêtres comme des carcasses qu'on entasse. Puis,  tandis que nous longions l'intérieur à pas de mouche, je caressais le granit rose des quelques tombeaux encore humides du passé. Entre les 28deux absides, flanqué d'un vertige face aux spirales de noms inscrits du sol au plafond, je me sentais me figer. J'imaginais cette fois les visages associés à ces noms, dont le mien aurait pu s'y mêler si les circonstances du temps l'avaient permis; je fus égoïstement pris d'effroi en pensant qu'alors j'aurais fini en lettres gravées, que je n'aurais pas connu Camille.

Je m'aperçus tout à coup qu'à ma gauche, elle m'effleurait avec son bras; obéissant à la consigne collective de tous nous tenir par la main, nos doigts s'entremêlèrent et je ressentis un fourmillement d'ondes que j'espérais partagé. La douceur de sa peau me provoquait comme une succession de petites tachycardies, et mon cœur semblait frapper mon corps comme une plaque de fer contre le sol.

 

T', les 21-09-11 et 11-11-11

Extrait du recueil collectif "Sous les candélabres blancs et roses des marronniers en fleurs et autres nouvelles et poèmes"

paru aux éditions LAT

 

recueil-LAT.JPG

 


Par EnfantdeNovembre
Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 17:08
- Publié dans : Paroles de chanson
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Nos-cadavres-c-du-caviar--tete-de-tof-.JPG

 

(Petite comptine d'automne/hiver)

 

Nos cadavres, c'est du caviar

Un délicieux agar hagard

Nos cadavres

C'est du caviar...

 

Nos cadavres, c'est tout un art

Ta natte aux praxies, dare-dard

Nos cadavres

C'est tout un art...

 

Nos cadavres, c'est pas du lard

Qu'on saigne à coups de kandjar

Nos cadavres

C'est pas du lard !

 

Nos cadavres, c'est du nectar

Dans de l'ébène de macassar

Nos cadavres

C'est du nectar...

 

Nos cadavres, un canular

Des gross' bull' de malabar

Nos cadavres

Un canular...

 

Nos cadavres, c'est pas du jar

Qu'on écoule à tout hasard

Nos cadavres 

C'est pas du jar !

 

Nos cadavres, c'est du kevlar

On s'en fera des falzars

Nos cadavres

C'est du kevlar...

 

Nos cadavres, des nénuphars

Flottant sur les temps épars

Nos cadavres

Des nénuphars...

 

Nos cadavres, c'est pas du fard

Qui se sert dans un coqu'mare

Nos cadavres

C'est pas du fard !

*

*

*

Nos cadavres, c'est du caviar

Du malabar...

Nos cadavres, c'est du nectar

Qui s'trinque au Bar... 

 

Tof', écrit les 27 nov. & déc.2011

 

________

Retrouvez les précédentes collections comptines automne/hiver de la gamme Tof'Model de Tof':

Tof'Model - Petite comptine d'automne/hiver 2008/2009

Teucrium - Petite comptine d'automne/hiver 2009/2010

A vau l'aube - Petite comptine d'automne/hiver 2010/2011

 

Nos-cadavres-c-du-caviar--tete-de-tof--2-kaleido-bis.JPG


 

 

 


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 21:47
- Publié dans : TOF' Book (LAT)
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kolat

Cliquer sur l'image

Par EnfantdeNovembre
Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 23:05
- Publié dans : TOF' aime...
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lunes.JPG

(source photo: google)

 

La nuit dans le désert, le ciel est d'une profondeur religieuse, profondeur accentuée par la nudité du paysage. Les étoiles semblent y être des milliers de torches allumées pour célébrer la déesse lune, pour rendre plus éclatante sa transparence et plus profond son mystère. Inspirés par ce paysage, les Arabes ont accordé une grande importance à la lune. Ils adoptèrent le calendrier lunaire, et deux des piliers de l'islam, le ramadan et le pèlerinage à La Mecque, sont déterminés par l'astre de la nuit. Bref, la lune devint pour les Arabes le symbole de la perfection, du mystère et de la grâce. Jusqu'au jour où les Américcains y posèrent leurs pieds. Ils montrèrent alors un paysage de désolation. La lune n'est que ravins et poussière. Elle ne recèle aucun mystère, elle ne brille d'aucune beauté. Ce fut un petit pas boiteux pour les Américains et un grand saut dans le vide pour les Arabes! Cette parabole -qui peut servir comme une grille de lecture parmi d'autres des évènements du 11 septembre- peut nous éclairer. D'une part, sur le fait que la modernité, incarnée par les Etats-Unis, bouleverse les valeurs de la majorité des êtres humains en démystifiant et en désacralisant le réel sans pour autant les faire profiter de ses bienfaits, ni donner sens à leurs destins individuels et collectifs. D'autre part, les Arabes doivent prendre conscience qu'ils peuvent rendre sa beauté à la nuit de plénitude, à condition de repenser leur vision du monde. "La beauté n'existe que dans les yeux de celui qui la regarde", disait jadis un de leurs poètes...

 

Said Bailal, 2005


Communauté : Pensées d'ailleurs
Par EnfantdeNovembre
Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 16:53

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On se demandera -ou pas- comment se fesse qu’un homme censé fêter en grandes pompes sa trentaine se remette à ressentir comme jamais auparavant cette sensation qu’il n’a sûrement jamais été un enfant désiré. Ou peut-être est-ce son sexe qui ne convenait pas à ses parents le 20 novembre 1981, ce qui expliquerait pourquoi les années suivantes rien n’a été fait pour le dissuader d’expérimenter et de s’approprier le sexe dit opposé en se travestissant avec les vêtements de sa mère, en prenant goût aux poupées barbies élevées au statut de Sauveuses de l’humanité face à l’impuissance pathétique des robots aux muscles aussi surdéveloppés qu’inutiles, ou encore en se sculptant sciemment une chevelure féminine qui lui tombait sur la nuque et lui valait des « Bonjour mademoiselle » de la part de la bouchère du quartier chez qui il était chargé d’acheter des biftecks dégueulasses.

Enfant -trop?- choyé par sa grand-mère maternelle, qui sortait de son divorce d’avec son grand-père -cela expliquant ceci-, et très tôt concerné par les problèmes d’argent de ses parents à qui IL suggère d’aller voir le dernier film avec Vincent Lindon et Marie Gillain, « Toutes nos envies », dans lequel on y parle entre autres surendettement des ménages, il ne s’est pourtant jamais considéré comme un enfant malheureux ni privé d’émerveillements propres à tout enfant; c’est déjà une chance. Plus tard, avec l’arrivée de sa soeur à laquelle ses parents avaient travaillé chaque dimanche soir depuis trois ans, il se sentit en proie à quelque délire paranoïaque, dont le paroxysme fut atteint un soir d’automne de ses neuf dix ans où il dénicha dans le tiroir en inox du grand placard de la cuisine une hache qu’il se mit à brandir avec un air d’assassin. Il aurait pu, à cette époque, figurer dans la rubrique « faits divers » des grands journaux en quête assoiffée de sensationnalisme. Ils auraient pu titrer ça texto: « Un petit garçon devient fou et tue ses parents », ou encore: « Un garçon de dix ans tue ses parents à la hache ». Ou encore une version plus soft: « Affaire glauque de parenticide en Île-de-France ». Au moins, il serait resté fidèle à la branche paternelle symbolisée par la nature hideuse de « ses étrangers », ses autres grands-parents. Mais la tournure des évènements en a décidé autrement, et il peut dire qu’il s’est sorti avec un succès certes relatif  de ce carcan oppressant.

A trente ans, il n’est pas l’heure de l’on ne sait quel bilan, tandis que continue de se tracer son chemin de vie qui l’effraie autant qu’il l’excite. Les questions existentielles à son humble sujet n’intéressent que lui, pourtant il les sent qui évoluent vers une nature qu’il osera pompeusement qualifier d’  » universelle « : son esprit se trouverait remué par les questions que doivent se poser tous les trentenaires débutants; dans un entre-deux permanent, sur le point de mais pas vraiment, il s’abrite dans le subsidiaire tout en portant de grands rêves qu’il n’est plus temps de fantasmer, ni point de sublimer. Conscient de son état de descendant d’une longue lignée d’êtres obscurs -l’on pourrait remonter de « ses étrangers » jusqu’au XVème siècle, époque où Jacques de Goyon Matignon, descendant d’une richissime famille normande aspirant à la pairie, l’un des statuts les plus convoités de la Cour, épousa Louise-Hippolyte Grimaldi de Monaco dont il s’appropria le nom et les splendeurs, provoquant l’ire de Monaco et de Versailles qui le clouèrent au pilori pour excès d’ambition mal placée-, il trouve ainsi l’explication délurée à son non-désir de se reproduire. Et pourtant, la question le titille, il commence à l’envisager en se disant que sa progéniture pourra toujours porter le nom de sa mère; lui-même n’étant jamais qu’un hasard… Mais en tant qu’unique garçon de sa génération, entouré d’une soeur et de cousines de part et d’autres, il jouit de ce privilège inouï dont il est plus que jamais tenté d’user: mettre fin à l’existence de cet arbre généalogique d’où il pendrait haut et court ce nom qui l’indispose, en s’abstenant de procréer. Une sorte de sylviculteur généalogique. Un tel objectif, empreint de tant de gravité et de responsabilité,  n’est pas donné à tout le monde, n’est-ce pas ?

Ah la trentaine! Mais au fait:

Devient-on sérieux, quand on a trente ans?

- Les beaux soirs , loin d’l'époque et de la marmelade,

Des cafards mitrailleurs aux cerques pénétrants !

- Va-t-on à nos aïeuls reprocher l’estocade?

Ah la trentaine!, d’où il étend ses promenades sous le soleil-surprise d’un automne illuminé, en lisant au milieu des bois les textos fades qu’il reçoit à la pelle comme chaque année, quoique de moins en moins. Aux sanglots d’ombres qui s’insurgeaient d’être légères, il feignait d’être grave en sirotant leur suc. L’esprit boiteux de ses démons a chu tel un gland sans cupule. Au détour d’une solitude bienfaisante, il laisse agir ses ombres à leur guise, il est rompu à leurs batailles; et même, le soir quand la nuit s’étend comme un poêle, il danse avec elles. Ses silences sont peuplés de chants angoissés qui remontent de l’arène et vont jusqu’à la glotte qui gémit des apostrophes. Il longe les allées d’arbres multicolores qui s’effeuillent un peu, beaucoup, à la folie, automnément,  et malmène ses angoisses au gré des balades en leur montrant de quoi il est fait quand il vit. A trente ans, il sait qu’on peut apprécier plus que jamais l’air doux et audacieux de ce printemps de novembre.

T’, le 20-11-2011

 

PLONGEON-TOF-2.JPG


Par EnfantdeNovembre
Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 13:56
- Publié dans : Mag2ch'
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deuch-foutraque.JPG

 

Tous les labyrinthes mènent à la Deuch' ! 

Très tôt, j'ai mesuré mon ennui à la grisaille monotone des autoroutes, supporté mes traumas suite aux périples familiaux le long de routes sanglantes parsemées de croix, de bois, de hérissons écrasés sur les bas-côtés. Je rêvais d'autre chose, d'un vaisseau magique muni de deux nageoires qui seraient aussi des ailes; d'un ascenseur pour la Lune... d'une deuch' !

Rouler comme un vagabond, plus en bonds qu'en vagues, sur les chemins cabossés à l'horizon incertain. Apprécier l'air qui souffle sur nos dégaines, et saisir la merveille nichée toute petite entre deux plaines, entre deux peines. 

Plus personne ne veut d'une deuch' aujourd'hui, surtout pas verte. On roule en gros modèle maintenant, avec des papillons collés en autocollants sur l'aile arrière. La perversion jusqu'au bout, la volonté scabreuse de faire passer Titine pour un élément de la nature... Passons, la deuch' n'a nul besoin d'autocollants, les papillons elle les côtoie nuit et jour, et il est inscrit LOVE sur sa plaque d'émasculation. 

Parcourir les champs empreints d'un flow inédit, puis finir un soir de pluie aux abords d'une métropole, enveloppée dans sa bulle de lumière riche en nucléaire, les quatre roues désolées de "cette fausse matière", comme dit Luc Dietrich, l'asphalte, sur laquelle elles se situent. 

Réalisant la domination sans condition du béton, la deuch' ovni à la couleur de l'herbe se met à s'imaginer ce qui pourrait être fait de ce paysage - articuler les architectures urbaines et périurbaines autrement qu'en seule fonction de l'implacable logique routière sous laquelle sont nichés les gros dégueulasses qui en récoltent les deniers.

Le vroum doux et l'allure tranquille, elle parcourt malgré tout la sublime étendue des possibles, éclose d'un arbuste rare protégé par les ombrages et les marais boueux. Elle avance silencieuse, et du pot d'échappement sortent des bulles. Et l'on retrouve là le plaisir enfantin qu'aucune Porsche ou Jaguar ne saurait offrir: éclater les bulles. 

 


Tof ', le 12 /06/11 et 5/07/11

 

Texte inédit pour Mag2ch'

Par EnfantdeNovembre
Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 13:45
- Publié dans : Mag2ch'
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Visuel-La-deuch-est-verte-comme-une-cerise.JPG

 

Moi, quand je serai grand, j'aurai une deuch'. 

 
Elle sera verte comme une cerise. Sur la route endiablée de nos dichotomies, elle déambulera, roulera comme une balle rebondissante. En mouvement toujours mais d'allure zen, elle se conduira en sirotant un cardinal à la crème de cassis. Je lui aménagerai une longue et belle traversée croquée à la main d'écorce d'où dégouline la sève printanière. J'y ferai mettre un toit ouvrant, ou soyons fous: une capote !


Son horizon sera le mien. Je lui ferai emprunter les petites nationales menant aux bourgs reclus de campagne visités lors d'étés de mon enfance, avant de gagner la capitale et le Versailles où je suis né, le Saillvers que j'ai aimé. Je lui ferai connaître le château et les boulevards qui s'y connectent comme les nerfs au plexus solaire. Du Boulevard de la Reine à celui de Paris où je regarderai dans un demi-plaisir le lycée qui me voyait expérimenter les prémisses d'une émancipation juvénile, elle se prendra pour un carrosse, humblement grandiloquente, avant que je ne la fasse pénétrer le parc et ses allées labyrinthiques parfaitement géométriques. Pour l'occasion, mieux que Jeff Koons, j'exposerai ma deuch' à la Galerie des glaces, où je taggerai des LOvE emblématiques en lieu et place des soleils culottés. Je lui parlerai des grandeurs du roi, des fourberies de Colbert, son ministre des finances, et du raffinement relatif de Fouquet.

Puis, sans photo prise, elle s'échappera via la rue des Oliviers, en prenant soin de garder baissés les rétroviseurs...

 

in Mag2ch'

Par LAT
Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 00:46
- Publié dans : Mag2ch'
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MAG2CH-couverture.JPG

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