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Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.
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Photo (fond): Aline L.
Photomontage: Christophe M.


Sur mon lit comme sur un radeau
J'ai pas tiré l'bon numéro
Cherchant de quoi me tenir chaud
Car il fait froid dans le chaos
Y'a eu les cris, les idéaux
Ça n'allait pas très crescendo
Y'a eu des flirts et des rateaux
Des envies de m'faire gigolo
Sur mon lit comme sur un radeau
Entre deux vagues, au creux de l'o-
'Céan qui sied bien au tableau
Je cherche à décrypter l'écho
Un chant, un cri né du berceau
Rejoué en effet-domino
Avant de choir dans le tombeau
La chute ultime d'un Ego
Sur mon lit comme sur un radeau
Échoué en mars, au large de Saint-Malo
J'avais des flous plein le cerveau
Frappé à coups de vertigo
Y'a eu les larmes et les roseaux
Déconfiture et des noyaux
Des p'tits cailloux dans les boyaux
Et dans le coeur, mille joyaux
Sur mon lit comme sur un radeau…
(Un précipice prévu pour bientôt!)
Et la chute avant un sursaut
Y'avait plus qu'à tirer l'rideau.
Freud, je fredonne
Un affreux, long
Cri de félon
Et Freud annone
Tel un frelon
Frisson fécond
Et moi, frelon freudien
Pas plus félon qu’félin
Freud en frelon
C'est qu’ça fait con
Cris d' félonie
Pas l'bon filon!
Freud, je fredonne
Une Affre molle
Qui détone
Et Freud immole
Le monotone
Les frelons mornes
Et moi, frelon freudien
Un frelon frêle et fin
Freud en félon
Et pour le transfert de mes hystéries
On fait comment, on…?
...
Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
Freud vous étonne
Fou, vous êtes fou!
Freud vous bourdonne
Un chant cent trous
Moi, tel l’impatient, sur le divan
Divan divin, dis « vin », dis « vent »
Freud, un frelon
Un affreux long
Bourdonnement
Dans l’inconscient…
Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
Freud, je frissonne
J’en fais des tonnes
J’lâche des lapsus
Microsco-puces.
Tentative d'écriture d'un rêve
2007
Je marche, enfant, entre mon père et ma mère. Nous avançons sur cette petite route de campagne qui mène à la maison, où vivait "la grand-mère", comme on l'appelle.
Une ferme. Mes parents doivent la visiter. Mais, à part les animaux de circonstance, il n'y a personne pour nous accueillir. Nous entrons, nous explorons, mes parents avec recul, moi avec
entrain.
Soudain, des rhinocéros. Pleins de petits rhinocéros de la taille de petits cochons noirs, se mettent à envahir la ferme, puis nous poursuivent. Nous voyons les bêtes se diriger vers nous à vive
allure. Nous prenons un vieil escalier en bois, montons à l'étage. C'est un long couloir que nous longeons, comme un balcon délimité par un mur à droite, une barrière à gauche, et d'où nous avons
vue sur le rez-de-chaussée. Les rhinocéros parviennent à se frayer jusqu'à l'étage, et la distance qui les sépare de nous se réduit dangereusement. Mes parents ont réussi à s'échapper par une
porte secrète. Je suis seul, j'atteins le bout du couloir.
Une fenêtre. Une fenêtre condamnée, à travers laquelle je vois, de mes yeux pleins de larmes, mes parents s'éloigner, pris par la peur. Les rhinocéros courent en ma direction. Plus rien à faire,
je me vois déjà transpercé par leurs cornes. Mais sous la fenêtre, sur ce vieux mur de pierre recouvert de poussières, des mots semblent être gravés. Je frotte de ma main le mur très froid, et,
alors que les rhinocéros courent toujours vers moi, si vite qu'ils paraissent faire du sur-place, comme dans un temps suspendu, je peux lire alors: "Nerval", puis en-dessous "Baudelaire-Les
fleurs du mal".
Je m'éveille soudain, mon rêve est fini, et ma nuit de novembre 2007 aussi. Je continue de tenter de décrypter ce que ce rêve continue de me provoquer, en sensations, en mises en questions.
Je suis en sursis: les rhinoféroces, peut-être, sont toujours en mouvement, prêts à me transpercer de leurs cornes.
Ecrit le 9 mai 2008
***A la suite d'un texte de Baptiste Roux, “Le narrateur disgracieux” (qui faisait lui-même suite au "Canard exquis", texte collectif lui-même lancé après un commentaire d’Hosannam, sur un forum
littéraire) ...
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18°Celsius.
Tof’ est lent, bien trop lent. Ce n’est pas son rythme.
Alors que chacun s’en remet au printemps revenant, oubliant les récents chagrins d’automne, et que personne n’a encore trouvé ça monotone, Tof’, lui, a oublié de se découvrir le dos. Il est
encore en hiver, en automne plus souvent, parce que son coeur est ainsi: automnal. Ses printemps mettront des siècles à germer, à éclore, à pousser. A fâner.
Les automnes lui reviendront par cycles, éprouvés par lui comme des réminiscences douloureuses.
- Cesse de te complaire dans ta mélancolie! Tu n’es que le pauvre réceptacle de toutes les propagations humaines de mélancolie. Tu te crois plus beau avec ta tristesse! Mais ta tristesse n’est rien à côté des plus grandes joies de ce monde, de ces plus cruelles horreurs, aussi. Les Romantiques ont pris tes sens et tes sentiments en otage! Délivre-toi! Redeviens humble!
18° Celsius toujours.
XXIème siècle à peine. 02h07, heure de la Tempête. De ses tempêtes. Plus rien n’existera autant que cela a existé. Ah! Larmoyant pessimisme! Tu lui es parfois utile, mais souvent contraignant.
Tof’ ne t’est pas fidèle, il ne te doit rien. Sinon ses larmes.
- Certes, je t’en remercie. Mais vois-tu, cher ami, mes yeux sont secs, ce soir. Oh, humides aussi, oui! Mais pas mouillés. Les fontaines sont épuisées, à sec.
La chaleur des échos les a asséchées. Eloigne-toi, vilain pessimisme, et reviens quand le moment sera venu!
Les échos en question se mélangent, il virevolte, il a le vertige. 02h07 toujours. L’orage gronde, la nuit profite des Grands Sommeils pour laisser exploser sa colère, pour pleurer aussi. Les étoiles sont éteintes. La Lune n’existe plus. Il a peur. Tof’ aime l’orage, mais il est tard.
- Encore cette connerie de culpabilité enfantine, infantile, infantilisante: je reste éveillé si tard, je me lève si tôt! Je DOIS dormir! Mais je ne veux pas!
Je veux écrire, me perdre dans les limbes labyrinthiques de mes ivresses et mes rêves fous. Demain, journée de quotidien raisonnable et raisonné, un autre temps, un autre moi! Entre les
deux, cette foutue “culpabilité culpabilisatrice”! Fi d’elle!! Je suis libre. Oh oui Liberté, je veux Te respirer, Te humer, Te boire jusqu’à plus soif. Je sens mes ailes qui vibrent, qui
tremblottent. Mais je sais qu’elles ne peuvent pas se déployer encore totalement. Pas encore…
En attendant, je ne m’empêche pas de La goûter.
***
Lire les commentaires de ce texte:
- sur micdemboo
- sur le plum'art
***
Lire le texte de Baptiste Roux: "Le narrateur disgrâcieux"
Celui de Sophie Lucide: "Garce de narratrice"
Tombe: le lieu de la beauté sombre, le seul à m’attirer malgré l’angoisse. J’ai pour habitude d’esquiver les angoisses, ou plutôt
tenter d’esquiver ce qui a l’air d‘une angoisse, mais la tombe est, de par sa beauté (entendez tout ce que vous voulez entendre par ce terme de « beauté »), la seule chose angoissante à
m’éclairer la pupille. La tombe est pour moi une « Trompette de la mort », pour prendre les mots d’Emily Dickinson, une trompette qui se déhanche frottée à une croix, et j’y revois la terre
anarchique éclabousser un cercueil placé au fond du trou, j’y ressens le froid d’alors, je revois ces larmes couler sur mon épaule, larmes qui auraient dû déclencher les miennes, mais qui
n’arrivaient pas. Culpabilisant, me sentant mériter d’être à la place du cercueil, je m’inventai alors une tristesse, tenta tant bien que mal de me faire couler une larme, ne serait-ce qu’une
goutte pouvant me mouiller l’œil. Le chagrin, je l’avais, mais pas les larmes. Sans doute parce que j’avais dix ans… Depuis, c’est toujours avec ce souvenir et une tentative de distanciation que
j’erre entre les tombes, qui abritent ceux que je ne connais pas, mais que je pleure irrémédiablement.
***
Tracteur: J’ai retrouvé récemment cette photo de moi à l'âge de 5 ans à peu près, posant de manière « décomplexée » sur un tracteur de campagne. C’est sûr que j’étais au départ impressionné, au moment de monter sur l’engin, délaissant ma petite coccinelle à quatre roues dont je maniais le volant avec dextérité, allant de long en large sur la terrasse de mon arrière-grand-mère. Je me sentais d’emblée attiré par le grand volant de la machine, et il me semble qu’à cette époque, je n’avais pas encore le vertige. Il faut dire que j’étais coaché par un autre engin, un grand-oncle au charisme impressionnant.
Je ne conduis pas, n’aime pas les voitures, mais je pense que si je devais passer un permis, ce serait sans doute celui de tracteur. Parce que le tracteur, est une
de mes madeleines. Et que conduire une madeleine, ce n’est pas donné à tout le monde!
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