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La fureur de l'éternuement

Retrouvez le numéro 3 du mag "La fureur de l'éternuement", par Aziyadé et Tof'




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Mag 3

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Bienvenue sur le blog de ToF', une escale dans sa balade labyrinthique.

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Samedi 28 novembre 2009 6 28 11 2009 13:44
"C’est un peu gaspiller de la matière grise toutes ces boulettes non ?" William n'Paï

"Les boules d'aluminium de Tof' sont légères comme des bulles qu'on viendrait d'aérer d'un souffle canabien." Solucide 

"Des boules, des boules, on en revient toujours à ses origines..." Denis Costa

"Le cafardnaüm, c'est le désordre dans ma tête!" Lucie Jeanne

°°°°°°°°°°°
J'occupe mes jours, mes nuits
A faire des boules d'aluminium
Compresser mon ennui
Mes tracs, mes insomnies

J'mesure le temps, j'le palpe
J'en fais une boule d'aluminium
Le temps, j'le sculpte, j'le scalpe
Le fais rouler sur l'asphalte

Je m'échappe dans un rêve
Donc dans une boule d'aluminium
A l'heure où l'aube se lève
La balade sera brève

J'me coupe de tout, de toi
J'm'enfonce dans ma bulle d'aluminium
J'ai aimé tes éclats
Tes cafards et ta joie

Un reste, un rien de souvenir
Né dans une boule d'aluminium
Une madeleine qu'on faire durcir
Jusqu'à l'alu', obtenir

J'retombe en plein novembre
Je bulle dans mes hallus d'homme
Tandis qu'le môme cherche à fendre
La carapace couleur de cendres

J'mélange les boules, les blues
Ca fait un vrai Cafardnaüm
Pour l'occasion j'épouse
Ce qu'au fond je jalouse

J't'écris ces quelques vers
J'penserai quand même au ToF'-Scriptum
Juste pour marquer l'envers
Et nuancer un minimum...



J'occupe mes jours, mes nuits
A faire des boules d'aluminium
Mon chat, ça l'divertit
Moi ça compresse mes insomnies.

http://www.dailymotion.com/video/xbayjl_le-chat-et-la-boule-daluminium_animals
Par EnfantdeNovembre - Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : TOF' Poésie
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 11 2009 10:51



Trébucher encore une fois
Le corps inerte, des yeux de spleen
L'coeur troué et quand il bat
Ca m'remue l'crâne et la poitrine
Mon apathie antipathique
Vous f'ra aimer l'sot sympathique
J'ai l'affect anomalistique
La nébuleuse mélancolique

Je m'en sors pas
Ca recommence à chaque fois
J'ai mal au coeur
Tout me tiraille à l'intérieur

Rabacher les mêmes états
Les mêmes larmes, les mêmes vers
Mais Novembre est fait de froid
Que ma chaleur peine à soustraire
Mes élégies idiopathiques
Vous paraîtront bien pathétiques
Pourtant j'ai mal à l'identique
Mais par chez moi, le pathos tique

Je n'en sors pas
Ca recommence à chaque fois
J'ai mal au coeur
Tout me tiraille à l'intérieur

Sans trop chercher mon trauma
J'le sens pourtant m'influencer
Mais j'veux pas fâcher mon karma
Alors j'écris des pieds de nez
Tout mon ennui est élastique
Et mes "je t'aime" qui s'alambiquent
Mon coeur se tord, catalectique
Et prend des formes (variablement) géométriques

Je m'en sors pas
Ca recommence à chaque fois
J'ai mal au coeur
Tout me tiraille à l'intérieur

Tergiverser par des pourquoi
Comme si y avait l'éternité
Ma libido n'en souffre pas
J'veux pas subir l'poids des années!
Mes rêveries allégoriques
Pourront vous paraître ironiques
Tant elles se jouent, magiques
De mes plaintes soporifiques

Je n'en sors pas
Ca recommence à chaque fois
J'ai mal au coeur
Tout me tiraille à l'intérieur.

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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 11 2009 13:57
(Pour le projet "Conduire une madeleine n'est pas donné à tout le monde")





Il est des êtres qui bouleversent votre vie. Des êtres qui vous bouleversent le cœur, et qui font qu’à partir du moment où vous les rencontrez, votre vision de la vie ne sera plus jamais comme avant.


Ces rencontres successives au fil de la vie sont autant de madeleines que l’on dévore chaque fois comme pour la première fois, ces madeleines riches de ce goût nouveau qui ne nous rappelle rien. Elles sont précisément ce qui enrichit le cœur, et qui lui allègent toujours un peu plus ce poids qu’est le sentiment presque inné de solitude -ne pas nier cependant que parallèlement, la conscience du temps qui file vient remettre du poids dans le poids, de sorte que le cœur ne soit jamais en paix -en tout cas dans cet intervalle situé entre la naissance et la mort, l‘enfance exceptée.

La rencontre est un élément influent dans l’enrichissement et l ‘épanouissement du cœur, comme un goût de miel que l’on ajoute aux œufs, puis à la pâte. Un élément déterminant et toujours renouvelable, l’une venant, non pas écraser, mais s’ajouter aux précédentes, lesquelles peu à peu, avec le temps, s’éloignent, se troublent ou se voilent, recouvertes par des poussières qui s’accumulent, par des grumeaux démesurés, mais ne disparaissent jamais vraiment parce que l’empreinte d’une rencontre reste indélébile, impérissable; le miel vous reste sur la langue, c’est infini.


Chaque nouvelle rencontre, chaque nouvelle affinité, élargit votre horizon.
Le cœur se forme sur les pépites affectives que provoquent les rencontres et les expériences humaines avec d’autres, sur ces madeleines joyeuses qui se trempent, salement de préférence, dans un chocolat chaud, ou dans un thé. Cette forte stimulation des sens et l’intensité de ces moments de vie partagés, se situent dans la force éclatante de l’instant présent, et dans le goût sucré d’une madeleine partagée.


Chacun redevient l’enfant qu’il était parce qu’il saisit cet instant pleinement, tous les sens sont investis, interconnectés et en interaction avec l‘autre et le monde qui l‘entoure.

Mais ces moments-là ne perdurent pas dans cet état extraordinaire.
Le temps d’une chute leur succède toujours, le temps de la séparation est le plus souvent inévitable, et vient ce moment difficile parfois vécu comme un arrachement, un arrachement à l’autre, à l’être apprécié et aimé, du fait des obligations de la vie, ou d’autres raisons plus intimes, tout comme l’enfant qui n’a pas d’autre choix que de repartir avec ses parents, quittant, le cœur déchiré, les amis de vacances ou les personnes dont il sait qu’il ne les reverra peut-être jamais plus. L’attachement comme cause première de l’arrachement. J’avais dit, déjà, que l’attachement, c’était déjà un peu l’arrachement.

Nous avons tous goûté, en la matière, des madeleines avec un drôle de goût apte à vous faire reconsidérer le goût du bon - à différencier du bon goût- en dégoût. Ce sont des madeleines enfermées dans une boîte tupperware, elle-même enfermée dans un placard, et durcies par le temps. De petites tâches verdâtres s’y forment à la surface, comme des tâches de mélancolie dans le cœur, parce que vous y voyez des bouts de votre enfance tachetés d’oublis, de non-dits et de moments fanés. Le goût de rance vous saute à la gorge, elle qui s’attendait à un délice imminent.


Le retour à la forme solitaire de soi, en soi, est un gouffre en reformation noyé sous des ouragans d'ocytocine. Un sentiment d’abandon parfois vous submerge. Le cœur ne cesse de battre fort, au souvenir conscient ou inconscient de ces êtres chers, et la douleur du vide vous prend le bide. Ne jamais abuser des madeleines. Mieux vaut saisir le plaisir suprême, reconnaître la dernière madeleine qui vous le procurera, et éviter ainsi de goûter inutilement à celles de la boîte tupperware, les madeleines du gouffre.
Faut-il alors attendre une autre rencontre pour se libérer de ces émotions déchirantes? Sans doute existe-t-il d’autres voies, peut-être parfois non-évidentes, improbables même, mais l’effort qu’il faut alors faire pour s’y engager, et pour redécoller malgré le manque des êtres aimés, est considérable - mais pas digne non plus de faire des nous des martyrs… Que Marie-Madeleine nous en préserve!

C’est là justement qu’il importe de tirer profit des moments extraordinaires vécus plus tôt, et de poursuivre sa vie dans cette même force de l’instant présent dont fait preuve l’enfant. La démarche devrait être moins difficile, une fois reconnu le fait que l’expérience sensible a dépassé tous les modes d’interprétation intelligibles. Je répète: l’expérience sensuelle de la madeleine dépasse tous les subterfuges matériels et raisonnés. Plaît-il?

Mais je ne sais pas pourquoi, plus le temps passe et moins j’y parviens. A quoi?
Alors, comme pour me convaincre que rien ne s’est terni dans mon regard d’enfant, et qu’au contraire, quelque chose d’autre d’aussi lumineux a pris place, je déguste une madeleine, vous savez celle en forme de bateau, celle que j’avais un jour voulu faire flotter sur l’eau de mon bain, cet instant où j’ai découvert la « décomposition » d’une substance solide en des milliers de petites particules qui ne faisaient pas penser spontanément à quelque chose d’agréable. Autour du bateau, je tombe sur une madeleine en forme de scaphandrier, entrouvert et prêt à fonctionner dès que mes envies de Lune me reprendront. Non loin, une madeleine chocolatée, peut-être « ombrée ». Puis des petites en forme de coquillages « de pâtisserie, si grassement sensuels sous leur plissage sévère et dévot », dixit le très approprié Proust. J’y devine plein de petites Vénus venant se dénoyauter, sortant comme des champignons magiques, pour s’offrir à mes yeux. Je les vois déjà danser au rythmes de mes déglutitions non modérées. Enfin, une autre madeleine, un peu plus particulière: celle-ci semble être un peu plus dorée, presque d’or, d’un éclat proche du surréel, et qui affiche à sa surface des petits trous en guise d’empreintes marquées par une cuisson alléchante. Une fumée enivrante s’y échappe, de sorte que nos narines enflent de désirs immédiatement réalisables. Mais quelque chose empêche cet accès au plaisir suprême. Cette madeleine est trop belle. On se retient.

Je repousse le plat discrètement, et contemple la merveille à ma guise. Je souris sans sourire, à l’ idée que la savourer à pleines papilles ferait remonter à la surface le parfum de souvenirs bons, mais qu’en contrepartie, un arrière-goût viendrait inévitablement lui succéder… Un arrière-goût moins supportable, peut-être même détestable…

Alors je hume, et m’en tiens à mes premières madeleines, celles qui ne manquent jamais de remuer. « Ne cherchez pas à conduire un camion lorsque vous ne savez manier qu'un vélo ». Je répète: ne cherchez pas à conduire une madeleine de Commercy tant que vous ne vous échinez qu'à conduire une madeleine trop classique.

Puisque c’est comme ça, je passe aux macarons! Avec un peu de frangipane…Car la vie est ainsi équilibrée: partout où de l’eau limpide et précieuse se puise et coule à foison, se trouve aussi quelque rouille vouée à faire pourrir la fontaine -rien ne dit, fort heureusement, que la rouille sera opérationnelle; et partout où se sert des plateaux de madeleines, des macarons forcément s’insinuent. Des ombres macaroniques s’échinent obstinément à obscurcir l’éclat de mes madeleines, et puisque l’ombre me sied également, je reprendrais bien un peu des deux.


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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 11 2009 21:01
Voir les rêves fractals dans le LabyrinToF'



ToF'Styx


ToF'Styx 2


Une porte à refermer


"La passagère" de Léonor Fini de passage dans un rêve
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 11 2009 00:12
(Les Rêves fractals sont dans le LabyrinToF')

Rêves fractals... Des bouts de ces rêves souvent insaisissables,
obtenus ici à partir de certaines de mes peintures, de mes photos, d'autres rêves...










La nuit, je rêve







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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 11 2009 18:25

Sur mon lit comme sur un radeau
J'ai pas tiré l'bon numéro
Cherchant de quoi me tenir chaud
Car il fait froid dans le chaos

Y'a eu les cris, les idéaux
Ça n'allait pas très crescendo
Y'a eu des flirts et des rateaux
Des envies de m'faire gigolo

Sur mon lit comme sur un radeau
Entre deux vagues, au creux de l'o-
'Céan qui sied bien au tableau
Je cherche à décrypter l'écho

Un chant, un cri né du berceau
Rejoué en effet-domino
Avant de choir dans le tombeau
La chute ultime d'un Ego

Sur mon lit comme sur un radeau
Échoué en mars, au large de Saint-Malo
J'avais des flous plein le cerveau
Frappé à coups de vertigo

Y'a eu les larmes et les roseaux
Déconfiture et des noyaux
Des p'tits cailloux dans les boyaux
Et dans le coeur, mille joyaux

Sur mon lit comme sur un radeau…
(Un précipice prévu pour bientôt!)
Et la chute avant un sursaut
Y'avait plus qu'à tirer l'rideau.


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Lundi 2 novembre 2009 1 02 11 2009 03:37

 

Freud, je fredonne
Un affreux, long
Cri de félon
Et Freud annone
Tel un frelon
Frisson fécond
Et moi, frelon freudien
Pas plus félon qu’félin

Freud en frelon
C'est qu’ça fait con
Cris d' félonie
Pas l'bon filon!

Freud, je fredonne
Une Affre molle
Qui détone
Et Freud immole
Le monotone
Les frelons mornes
Et moi, frelon freudien
Un frelon frêle et fin

Freud en félon
Et pour le transfert de mes hystéries
On fait comment, on…?
...

Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Freud vous étonne
Fou, vous êtes fou!
Freud vous bourdonne
Un chant cent trous
Moi, tel l’impatient, sur le divan
Divan divin, dis « vin », dis « vent »

Freud, un frelon
Un affreux long
Bourdonnement
Dans l’inconscient…

Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Freud, je frissonne
J’en fais des tonnes
J’lâche des lapsus
Microsco-puces.

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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 11 2009 18:08

Tentative d'écriture d'un rêve
2007


Je marche, enfant, entre mon père et ma mère. Nous avançons sur cette petite route de campagne qui mène à la maison, où vivait "la grand-mère", comme on l'appelle.
Une ferme. Mes parents doivent la visiter. Mais, à part les animaux de circonstance, il n'y a personne pour nous accueillir. Nous entrons, nous explorons, mes parents avec recul, moi avec entrain.
Soudain, des rhinocéros. Pleins de petits rhinocéros de la taille de petits cochons noirs, se mettent à envahir la ferme, puis nous poursuivent. Nous voyons les bêtes se diriger vers nous à vive allure. Nous prenons un vieil escalier en bois, montons à l'étage. C'est un long couloir que nous longeons, comme un balcon délimité par un mur à droite, une barrière à gauche, et d'où nous avons vue sur le rez-de-chaussée. Les rhinocéros parviennent à se frayer jusqu'à l'étage, et la distance qui les sépare de nous se réduit dangereusement. Mes parents ont réussi à s'échapper par une porte secrète. Je suis seul, j'atteins le bout du couloir.
Une fenêtre. Une fenêtre condamnée, à travers laquelle je vois, de mes yeux pleins de larmes, mes parents s'éloigner, pris par la peur. Les rhinocéros courent en ma direction. Plus rien à faire, je me vois déjà transpercé par leurs cornes. Mais sous la fenêtre, sur ce vieux mur de pierre recouvert de poussières, des mots semblent être gravés. Je frotte de ma main le mur très froid, et, alors que les rhinocéros courent toujours vers moi, si vite qu'ils paraissent faire du sur-place, comme dans un temps suspendu, je peux lire alors: "Nerval", puis en-dessous "Baudelaire-Les fleurs du mal".


Je m'éveille soudain, mon rêve est fini, et ma nuit de novembre 2007 aussi. Je continue de tenter de décrypter ce que ce rêve continue de me provoquer, en sensations, en mises en questions. Je suis en sursis: les rhinoféroces, peut-être, sont toujours en mouvement, prêts à me transpercer de leurs cornes.

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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 11 2009 18:04
(Méthode Zulma)

J'exerce le métier de fantôme.Je danse, tel un mort sorti de sa tombe, perché sur la branche d'un arbre calciné. La pluie de sang venue du ciel couleur corbeau donne à mon âme et à mes os les couleurs qui lui manquent. Les nuages s'affolent de ma danse macabre, laquelle a le don pour faire surgir en écho le son des orages les plus puissants. Pourtant, tout ici est silence. La musique qui me fait danser est enfouie sous ce silence assourdissant. Au loin, des inconnus me regardent...
Une mince ligne de lumière laisse apparaître, à l'ombre des statues, la splendeur de l'hiver, telle un chat narcissique qui s'admire face au miroir, alors que sa silhouette errante me fait penser à l'enfant dans sa corbeille.Je revis l'extase de ce moment d'ivresse que je m'offris jadis, je revois "son" doux visage, "son" corps de folle que j'étreins encore quand j'y repense, j'ai aimé, tant aimé, lui caresser sa lune, blottis que l'on était dans les draps d'infortune situés au coeur d'un cimetière, là où les tombes ont des oreilles.
Je danse encore, les corbeaux survolent et s'affollent de me voir jubiler de la douceur horrifique de ces instants infidèles.
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 10 2009 15:26




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Lundi 26 octobre 2009 1 26 10 2009 14:23

Ecrit le 9 mai 2008
***A la suite d'un texte de Baptiste Roux, “Le narrateur disgracieux” (qui faisait lui-même suite au "Canard exquis", texte collectif lui-même lancé après un commentaire d’Hosannam, sur un forum littéraire) ...

————————————————————————————-

18°Celsius.
Tof’ est lent, bien trop lent. Ce n’est pas son rythme.
Alors que chacun s’en remet au printemps revenant, oubliant les récents chagrins d’automne, et que personne n’a encore trouvé ça monotone, Tof’, lui, a oublié de se découvrir le dos. Il est encore en hiver, en automne plus souvent, parce que son coeur est ainsi: automnal. Ses printemps mettront des siècles à germer, à éclore, à pousser. A fâner.
Les automnes lui reviendront par cycles, éprouvés par lui comme des réminiscences douloureuses.

- Cesse de te complaire dans ta mélancolie! Tu n’es que le pauvre réceptacle de toutes les propagations humaines de mélancolie. Tu te crois plus beau avec ta tristesse! Mais ta tristesse n’est rien à côté des plus grandes joies de ce monde, de ces plus cruelles horreurs, aussi. Les Romantiques ont pris tes sens et tes sentiments en otage! Délivre-toi! Redeviens humble!

18° Celsius toujours.
XXIème siècle à peine. 02h07, heure de la Tempête. De ses tempêtes. Plus rien n’existera autant que cela a existé. Ah! Larmoyant pessimisme! Tu lui es parfois utile, mais souvent contraignant. Tof’ ne t’est pas fidèle, il ne te doit rien. Sinon ses larmes.

- Certes, je t’en remercie. Mais vois-tu, cher ami, mes yeux sont secs, ce soir. Oh, humides aussi, oui! Mais pas mouillés. Les fontaines sont épuisées, à sec. La chaleur des échos les a asséchées. Eloigne-toi, vilain pessimisme, et reviens quand le moment sera venu!

Les échos en question se mélangent, il virevolte, il a le vertige. 02h07 toujours. L’orage gronde, la nuit profite des Grands Sommeils pour laisser exploser sa colère, pour pleurer aussi. Les étoiles sont éteintes. La Lune n’existe plus. Il a peur. Tof’ aime l’orage, mais il est tard.

- Encore cette connerie de culpabilité enfantine, infantile, infantilisante: je reste éveillé si tard, je me lève si tôt! Je DOIS dormir! Mais je ne veux pas! Je veux écrire, me perdre dans les limbes labyrinthiques de mes ivresses et mes rêves fous. Demain, journée de quotidien raisonnable et raisonné, un autre temps, un autre moi!  Entre les deux, cette foutue “culpabilité culpabilisatrice”! Fi d’elle!! Je suis libre. Oh oui Liberté, je veux Te respirer, Te humer, Te boire jusqu’à plus soif. Je sens mes ailes qui vibrent, qui tremblottent. Mais je sais qu’elles ne peuvent pas se déployer encore totalement. Pas encore…
En attendant, je ne m’empêche pas de La goûter.

***

Lire les commentaires de ce texte:
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***
Lire le texte de Baptiste Roux: "Le narrateur disgrâcieux"
Celui de Sophie Lucide: "Garce de narratrice"

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